Archives pour la catégorie Espagne 2010

Une frousse à Grenade

Note: Mon amour du voyage ne date pas de la naissance de ce blogue. Avant la création d’Hugo autour du monde, je prenais plaisir à envoyer chaque soir un courriel à mes amis et ma famille lorsque je voyageais pour leur raconter ce que je vivais, ce que je ressentais. Voici donc le récit que j’avais envoyé à mes proches le 17 octobre 2010 alors que je découvrais pour la première fois l’Europe, en Espagne, avec mon ami Dominic.

Après Barcelone et Valence, nous voici maintenant à Grenade. Nous sommes arrivés peu après 8h ce matin, après une longue nuit d’autocar qui nous a menés dans plusieurs petits villages. Ce n’est pas la meilleure nuit de sommeil, mais ça fait partie de l’expérience.

Nous avons été surpris par le froid en arrivant ici. On est complètement dans le sud de l’Espagne, mais on ne savait pas que Valence était située à plus de 700 mètres d’altitude. En journée, le soleil est plutôt bon, mais le matin… Brrrr!

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Cette fois, nous n’avons pas mis de temps pour partir à la découverte de la ville. Dès 11h, nous avons pris part au «free tour», un tour organisé gratuit qui nous fait connaître quelques coins de la ville. Le guide, un Australien, nous a conduits dans des endroits bien particuliers tout en nous donnant des explications historiques sur la ville. Nous sommes passés par plusieurs points de vue panoramiques et nous sommes entrés à l’intérieur dans un tunnel de canalisation qui déverse de l’eau dans une source qui longe Grenade (tout ça après avoir descendu une falaise, enlevé nos souliers et relevé le bas de notre pantalon). C’était glacial pour les pieds! Le groupe a terminé sa visite en prenant un petit verre sur une terrasse où on a eu la chance d’échanger avec une Française et une Mexicaine très sympathiques.

Mais vous devriez voir Grenade… Encore une fois, je suis estomaqué! Quelle belle ville avec beaucoup de verdure et entourée de montagnes. Il y a beaucoup d’ambiance dans les rues et on sent une certaine influence arabe dans le style architectural, la musique, la nourriture et les gens. Les gens sont très chaleureux et plusieurs nous ont parlé en français. Comme partout jusqu’à maintenant, on mange très bien. Ce midi, j’ai mangé une délicieuse salade avec des noix, des raisins secs, avocat, mangue, tomate, cantaloup, etc.

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Pour terminer la journée, nous avons eu droit à une péripétie digne de mention. Le guide de notre «free tour» nous avait proposé, ce midi, de nous amener à des sources d’eau chaude naturelle en soirée. Dominic et moi devions nous rendre à un point de rendez-vous, lieu d’où on prendrait la route pour l’activité. Une fois sur place, seules deux autres personnes y étaient en plus des deux organisateurs qui nous ont rejoints. On nous a fait monter dans un véhicule qui s’est par la suite éloigné de la ville avant de quitter la route sombre pour rouler sur un chemin accidenté, dans un champ.

Plus personne ne parlait. Dominic et moi nous sommes regardés en silence, inquiets. On se demandait vraiment si nous nous étions embarqués dans quelque chose de pas net. Si on allait se faire voler avant qu’on nous laisse seuls dans un coin reculé. Personnellement, je me disais: «si je meurs ici, c’est clair que mes parents ne croiront même pas que je me suis laissé embarquer là-dedans tellement ça avait l’air louche!»

Puis, le véhicule s’est immobilisé et on nous a dit de sortir. On entendait à peine un filet d’eau et on ne voyait pratiquement rien. Non, il n’y avait pas d’arnaque! On a finalement pu se baigner dans des sources d’eau chaude à 90-95 degrés qui ne sont nullement exploitées: ni lampadaires, ni infrastructures. Ça a donc été une baignade éclairée seulement par la Lune sous un ciel étoilé en buvant une bière gracieusement offerte par les organisateurs. Que demander de mieux?

Les jardins du Turia de Valence

Il ne nous reste que quelques heures à Valence et cette dernière journée a été consacrée à faire le tour de la ville. Nous avons fait deux différents circuits, ce qui nous a permis de découvrir des endroits que nous n’avions pas encore eu la chance de voir.

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Parmi eux, les magnifiques jardins de la ville qui sont pour le moins ingénieux. Comme je vous l’expliquais dans mon blogue d’hier, la rivière Turia sillonnait auparavant la ville, mais elle a été déviée après de graves inondations à la fin des années 50. Valence s’est alors retrouvée avec le lit d’une rivière asséchée et des ponts qui, dans les faits, ne servaient plus à grand-chose. On a finalement décidé d’y construire de grands jardins avec plusieurs espèces d’arbres, palmiers, fontaines et monuments. C’est vraiment superbe! Des terrains de soccer y ont aussi été aménagés.

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Nous sommes aussi passés par le marché public intérieur où on trouve fruits, légumes, viande et, ben sûr, poissons et fruits de mer frais. L’odeur était… particulièrement forte!

Parmi nos autres arrêts, nous sommes retournés près de la cathédrale où nous étions déjà allés, hier. Une fanfare de neuf musiciens s’est formée à quelques pas de nous et ils ont joué pendant une quinzaine de minutes. Les gens se sont rapidement rassemblés pour écouter et les musiciens ont même réussi à faire chanter la foule.

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On est finalement allé faire nos «adieux» à la propriétaire d’une petite boutique de gelato bio qui avait l’habitude de nous avoir comme clients chaque jour depuis notre arrivée ici. Elle était tellement habituée de nous voir qu’elle nous saluait quand nous passions dans la rue et elle nous apercevait même de l’autre côté de la rue.

C’est maintenant le temps de vous laisser. Nous partons sous peu pour aller prendre l’autobus en direction de Grenade. Nous y serons demain matin seulement, car nous avons huit heures d’autocar à faire.

Visite de la Cité des arts et des sciences de Valence

L’aventure à Valence se poursuit de plus belle avec, aujourd’hui, une visite un peu particulière: celle de la Cité des arts et des sciences. C’est un regroupement d’immeubles d’un style architectural moderne qui se trouve dans le lit d’une rivière asséchée. Oui, vous avez bien lu! En 1957, Valence a été inondée par la rivière Turia ce qui a incité les autorités à dévier le cours d’eau pour ne plus que cela se produise.  Bref, on était curieux parce qu’on voyait cet ensemble un peu futuriste depuis la fenêtre de notre chambre d’hôtel et on se demandait bien ce que c’était.

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On y trouve aujourd’hui des salles de spectacle, le centre des sciences et un gigantesque aquarium. Comme Dominic et moi avons tous les deux notre carte de presse, on a pu avoir accès aux installations sans frais pour la journée. Génial! On a donc pu visiter une exposition sur les dinosaures avec des bêtes mécanisées avant de profiter du IMAX Dome; une salle de cinéma où l’écran est devant nous et au plafond également. Il fallait porter un casque qui nous donnait un air d’«Alana ou le futur imparfait» (si vous ne savez pas ce que c’est – référence à mon enfance -, faites la recherche sur Google). On y a vu un film sur l’Arabie.

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On a ensuite fait la visite du fameux aquarium (le plus grand d’Europe!) qui nous a pris environ quatre heures pour en faire le tour, mais qui en valait franchement la peine. On y trouve des espèces d’un peu partout, allant de la mer des Caraïbes au Pacifique en passant par l’Antarctique. Vraiment super!

Par la suite, on est retourné en ville pour poursuivre notre visite avant de s’arrêter pour manger: 7 à 9 avec tapas et sangria avant de déguster une délicieuse paella et… encore de la sangria! Décidément, je me plais bien ici!

Comme la température était un peu plus fraîche aujourd’hui, fini la plage. Je tenterai de me reprendre plus au sud dans quelques jours. Nous quitterons d’ailleurs Valence demain soir en autobus pour nous rendre à Grenade. Encore de belles découvertes à venir… et des centaines d’autres photos dans mon appareil.

Cap sur Valence

On entame aujourd’hui la seconde partie de notre voyage avec une nouvelle destination: Valence. Nous avons quitté Barcelone tôt ce matin, avant même le lever du soleil. Nous avons ensuite mis quatre heures d’autobus pour finalement arriver ici. C’est un long trajet, mais qu’on ne peut pas qualifier d’ennuyeux: la route était composée de tunnels successifs à même des montagnes rocailleuses et vertes à la fois.

Première «mésaventure» du voyage: l’hôtel que nous avions réservé via un site partenaire n’avait pas notre réservation mais, heureusement, ils ont quand même pu nous recevoir.

En après-midi, on a décidé de faire un arrêt à la plage qui est à peine à quelques minutes de notre hôtel. C’est loin d’être la plus belle plage, c’était plutôt sale, mais on a quand même pu prendre le temps de relaxer un peu et de se baigner.

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On s’est ensuite lancé à la découverte de la ville et je dois avouer que je suis extrêmement surpris. On avait décidé de s’arrêter à Valence un peu par hasard, sans grandes attentes, mais la ville est magnifique et il y a beaucoup d’ambiance dans les rues. L’architecture est impressionnante.

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En soirée, on a visité la cathédrale de Valence qui a été construite au 13e siècle. Il y a entres autres un tabernacle fabriqué avec 1200 kilos d’or, d’argent et de platine.

J’ai bien hâte de découvrir la suite au cours des prochains jours, mais je peux vous dire que, jusqu’à maintenant, c’est un coup de coeur.

Barcelone vue depuis le Montjuïc

Notre dernière journée à Barcelone vient de se terminer alors que nous partons pour Valence, toujours sur la côte méditerranéenne mais un peu plus au sud, demain matin.

On peut encore parler d’une journée riche en belles découvertes. Ce midi, nous sommes montés sur le Montjuïc, la montagne dont je vous parlais en début de semaine et qui surplombe la ville. On trouve notamment au sujet un vieux château, le Castell de Montjuïc, qui a servi de forteresse pour protéger la région au 17e siècle. L’endroit offre un panorama tout simplement magnifique sur Barcelone: d’un côté de la montagne on peut admirer l’ensemble de la ville alors que l’autre côté on a une vue imprenable sur le port et les bateaux de croisière.

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Barcelone vue depuis le téléférique du Montjuïc

C’est également sur cette montagne qu’on eu lieu les Olympiques de 1992. Nous avons donc poursuivi notre visite avec les installations: stade olympique, flamme, le site de compétition de plongeon, etc. Comme les gradins de ce dernier site sont à flanc de montagne, le spectateurs avaient droit à une incroyable vue sur la ville. Nous avons même pu entrer dans le stade qui est quant à lui sur un terrain fort bien aménagé avec des fontaines. On sent que les Espagnols sont fiers de cet endroit.

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À l’intérieur du stade olympique de Barcelone

Finalement, Dominic et moi avons découvert une belle petite place pour prendre un verre de fin de soirée: le Bar international. Clientèle jeune, sympathique et d’un peu partout. Nous y sommes allés hier et aujourd’hui.

En terminant, quelques faits en vrac sur Barcelone:

  • Vraiment pas facile de s’y retrouver, ici, avec les noms de rue. Les affiches signalétiques ne sont jamais installées au même endroit et, parfois, il n’y en a tout simplement pas.
  • Le métro est d’une efficacité déconcertante quand on n’a connu que celui de Montréal. Climatisation, de nombreuses lignes qui s’entrecroisent en plusieurs endroits et on n’attend pratiquement jamais. Le maximum attendu entre deux trains? Cinq minutes, hier, parce que c’était férié.
  • Au restaurant, on vous sert du pain et on l’ajoute à votre facture même si vous n’en avez pas demandé et même si vous ne le mangez pas!

De Pablo Picasso à La Rambla

Un mardi particulièrement frais et venteux à Barcelone: 18 degrés et des vents à arracher les feuilles de palmiers un peu partout.

Ce matin, Dominic et moi sommes allés visiter le musée le plus couru en ville; celui de Pablo Picasso. Il y avait une file d’attente d’une trentaine de minutes à l’extérieur du musée, mais la visite en valait la peine. On a notamment pu voir les premiers croquis de celui qui allait devenir un célèbre peintre jusqu’à ces originales oeuvres de style cubiste.

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Sur La Rambla

Nous avons ensuite déambulé sur La Rambla, la très populaire artère piétonne de 1,2 km où se côtoient restaurants, magasins, bars, etc. Comme La Rambla se termine au bord de la mer, nous avons décidé de nous rendre jusqu’à la plage de Barcelone. Impossible toutefois de se baigner: trop frais et de fortes vagues dignes d’une tempête.

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Sur la plage de Barcelone

Notre journée nous a aussi menés à la cathédrale Sainte-Croix de Barcelone qui a été érigée entre 1298 et 1420. L’intérieur est superbe, mais on a aussi pu se rendre sur le toit pour admirer la vue sur la ville.

On a terminé la journée à l’immense parc de la Ciutadella, au coeur de la ville, qui a été construit sur les terrains laissés vacants par une citadelle détruite un peu avant la fin du 19e siècle. C’est à cet endroit qu’a eu lieu l’exposition universelle de 1888. Le zoo de Barcelone occupe une partie du parc, de même que le parlement de Catalogne, mais y trouve aussi une superbe fontaine.

 

De la Sagrada Familia au parc Güell: sur les traces de Gaudi à Barcelone

Quelle merveilleuse journée! Je pourrais d’ailleurs la résumer en un seul mot: Gaudi. Antoni Gaudi i Cornet est un architecte espagnol qui a vécu aux 19e et 20e siècles et qui a eu une influence particulièrement marquée en plusieurs endroits de Barcelone.

Nous avons commencé la journée en nous rendant à la Sagrada Familia. Il s’agit d’une basilique dont la construction a commencé il y a environ… 130 ans et elle n’est toujours pas terminée (!!!). Actuellement, la fin des travaux est prévue dans une vingtaine d’années. C’est Gaudi qui a été l’architecte de cette merveille (parce que, oui, on peut déjà la qualifier ainsi, même si elle n’est pas achevée), mais il n’a pas eu la chance de la voir évoluer très longtemps, puisqu’il est mort dans les années 20.

Lorsque la construction de la basilique sera finalement terminée, sa plus haute tour sera d’une hauteur de 170 mètres. Pourquoi? Tout simplement parce que le Montjuïc, la montagne où se sont déroulés les Jeux olympiques de 1992, fait 173 mètres et que Gaudi refusait de créer quelque chose qui serait plus haut que ce que Dieu avait lui-même créé à quelques centaines de mètres de là. Les travailleurs s’activent ces jours-ci à l’intérieur de la Sagrada Familia parce que le pape sera ici le 7 novembre pour bénir la basilique. Même si la construction est inachevée, autant l’intérieur que l’extérieur est d’une beauté indescriptible.

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La Sagrada Familia

En après-midi, nous avons pris la direction du parc Güell, un lieu aussi créé par Gaudi et que l’on peut voir dans le film «L’auberge espagnole». Ici aussi, c’est magnifique! Tout est décoré avec des éclats de céramique de différentes couleurs, ce qui donne un paysage impressionnant au plus haut point. Ce n’est pas pour rien que l’endroit figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. On se croirait presque dans un village imaginaire construit en bonbons. Il faut absolument le voir pour en mesurer la beauté.

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Au magnifique parc Güell

Nous avons finalement terminé notre journée de visite par un passage à la Casa Battlo, une résidence conçue par, vous l’aurez deviné, Gaudi. C’est une très grande demeure sur plusieurs étages inspirée de la vie sous-marine. Croyez-le ou non, il n’y a aucune ligne droite dans cette maison. Que des courbes. C’est complètement surréel. Le tout est décoré d’un magnifique bleu et la lumière naturelle entre dans la cour intérieure. Et que dire de la terrasse sur le toit? Wow! La Casa Battlo est aussi classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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La Casa Battlo, toute en courbes

Petit détail au sujet de Gaudi: ses oeuvres sont inspirées de la nature. Alors qu’il était jeune, celui qui allait devenir un grand architecte était plutôt malade, ce qui lui a laissé le temps d’admirer le monde qui l’entourait. Si la Casa Battlo est, comme je l’expliquais, inspirée du monde sous-marin, l’intérieur de la Sagrada Familia rappelle pour sa part une forêt alors que les colonnes s’apparentent à des arbres.

Ce soir, nous avons soupé dans un restaurant fréquenté par le célèbre Pablo Picasso lorsqu’il était encore en vie. C’est d’ailleurs lui qui a dessiné le menu. J’ai mangé du lapin servi de la façon traditionnelle catalane. C’était délicieux!