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Visite de Kalapana, rayée de la carte par un volcan

Faites le test. Ouvrez Google Maps et cherchez Kalapana. Encore mieux, essayez avec Google Earth. Dans le premier cas, Google vous montrera un point au sud de l’île d’Hawaï sans toutefois que vous y voyez des rues ou un quartier résidentiel. Un espace beige. Dans le deuxième cas, vous verrez plutôt une énorme tache noire.

Kalapana, c’est ce village qui a été rayé de la carte après avoir été enseveli sous une quinzaine de mètres de lave en provenance du volcan Kilauea au printemps 1990.

En partant de notre appartement de Kona, ce matin, j’ignorais si on pourrait s’y rendre étant donné que, 28 ans plus tard, l’histoire se répète et que le volcan fait encore des siennes, un peu plus à l’est cette fois. « Je ne sais pas ce qu’on va pouvoir voir, mais on va aller le plus loin qu’on peut », ai-je lancé à l’Amoureuse-conductrice. Une fois à Pahoa, une douzaine de miles avant Kalapana, on a croisé le terrain qui sert de lieu de rassemblement aux autorités qui gèrent la situation sur le terrain. Un peu plus loin, un point de contrôle sur une rue transversale qui mène au quartier Leilani Estates où plusieurs maisons ont été détruites par la lave au cours des derniers mois. Puis, finalement, on a croisé des employés de la voirie qui s’affairaient visiblement à réparer des fissures sur la route 130. Rassurant.

Un peu avant d’arriver au bout de Pahoa Kalapana Road, j’aperçois un terrain noir, au loin. Pas de doute, on y est.

On stationne notre Jeep en bordure de la route, puis on entre dans ce champ de lave qui nous apparaît infini autant à gauche qu’à droite alors que devant on aperçoit quelques éclats d’eau, fruit des vagues qui viennent se briser sur ce mur de roc.

On marche lentement en direction de la rive (le terrain est accidenté et la pierre volcanique est souvent tranchante). Ici et là, parmi les profondes crevasses, le nature commence à reprendre sa place alors que certaines herbes, plantes, arrivent à pousser dans cet univers noir, inhospitalier, brûlant alors qu’on ressent presque la chaleur de la roche volcanique à travers les semelles de nos souliers.

Une fois près de l’eau, on passe de la roche au sable. On assiste à la naissance d’une nouvelle plage de sable noir, Kaimu Beach, 15 mètres au-dessus de celle qu’il y avait en 1990. Ici, plusieurs jeunes palmiers ont été plantés dans l’espoir de redonner vie à cet endroit autrefois magique (voyez la video sur la page Facebook Hugo autour du monde). Oubliez la baignade, les vagues sont terribles, le courant aussi.

Difficile d’imaginer qu’un village existait au même endroit en 1990. Kalapana est l’exemple parfait de la force de destruction de la nature. Plus d’une centaine de maisons y ont été détruites.

On reprend le véhicule et on roule sur la route 137, la Kapoho Kalapana Road, à la suggestion du guide Love Big Island qui y propose une route touristique entre les Mile Marker 22 et 8. Si, au départ, on n’y trouve rien d’exceptionnel, notre avis change dès les premières vues avec l’océan sur notre droite.

Des paysages de nature sauvage exceptionnels qui pourraient alimenter bien des rêves.

Nous n’avons finalement pas pu aller plus loin que le Mile Marker 15, la route étant fermée en raison de la récente éruption du Kilauea. Une affiche nous mettant en garde contre de possible émanations toxiques était aussi présente.

Sur le chemin du retour, un panneau d’avertissement lumineux en bordure de la route affichait: « N’arrêtez pas. Gardez vos fenêtres levées. » Une légère fumée s’échappait alors de la forêt, à quelques mètres de nous. Aucune idée de ce que c’était.