Face à la terrible histoire d’Anne Frank

J’ai l’habitude de dévorer en quelques jours à peine les romans dont j’entame la lecture. Ça m’a pourtant pris des mois à terminer Le journal d’Anne Frank après avoir tourné la première page. Comme si j’avais besoin de l’absorber, de le digérer, au fur et à mesure.

Il faut dire que l’histoire de cette jeune juive qui a vécu dans la clandestinité pendant deux ans n’a rien de rose et que la fin est d’une incroyable tristesse. Aussi bien y aller à petites doses.

Je crois avoir terminé la lecture du Journal il y a un peu plus d’un an à peine. Je me souviens avoir été bouleversé. Par l’histoire, bien entendu, mais aussi par les réflexions de l’adolescente. Il faut dire que j’ai toujours été grandement touché par cette terrible page d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale.

Je ne pouvais venir à Amsterdam sans visiter la Maison Anne Frank. C’était impensable. Comme si j’avais le devoir de boucler la boucle; de lui rendre hommage. C’est ce que j’ai fait aujourd’hui.

 

La Maison d’Anne Frank

L’air était frais, mais le soleil brillait, ce matin, au moment de nous rendre au 263 Prinsengracht; endroit où la famille d’Anne et quatre autres personnes se sont cachés pendant deux ans (de juillet 1942 à août 1944) pour éviter d’être déportés vers un camp nazi, puis de croiser la mort sur leur chemin.

On nous fait entrer et on commence la visite. L’éclairage est tamisé. Les gens chuchotent ou ne parlent tout simplement pas. On nous présente le contexte historique, puis on pénètre finalement dans l’immeuble où s’est terrée la famille Frank.

Les trois premiers étages faisaient à l’époque partie de l’entreprise du père d’Anne, d’Otto. Puis, on arrive à la fameuse bibliothèque pivotante qui mène à l’annexe, la cachette de la famille et de quatre autres personnes. Sauf qu’aujourd’hui, la bibliothèque est ouverte en permanence.

Une haute marche, puis on s’élance dans le vieil escalier de bois dont les planches craquent sous nos pas. C’est tellement à pic. Rendu tout en haut, c’est sombre. On garde les volets fermés pour reconstituer l’ambiance de l’époque alors que les habitants de l’annexe devaient tout faire pour éviter de se faire repérer. Ils devaient constamment chuchoter, marcher sur la pointe des pieds, ne pas faire couler l’eau passé 8h30, etc.

En plus, c’est tellement petit. Même aujourd’hui, sans meubles, on se sent à l’étroit et on a de la difficulté à croire que huit personnes ont vécu enfermées ici pendant plus de deux ans.

Alors qu’on fait le tour de la première pièce on aperçoit, au mur, les traits de croissance d’Anne et de sa sœur. Leurs parents les mesuraient en les adossant au mur, puis en traçant des marques qui sont encore bien visibles aujourd’hui. Première trace concrète de la vie d’Anne dans cette maison.

On se dirige ensuite vers la pièce suivante, la chambre de l’adolescente. Sur les murs, un collage géant. Pour égayer son quotidien, Anne collait sur les murs des découpures de magazines et de journaux qui la rendaient heureuse. Tout est toujours là. La photo d’une princesse. L’image d’un perroquet. On ne peut s’empêcher d’imaginer Anne sourire, malgré la situation difficile, devant son mur. C’est entre autres dans cette pièce que l’adoslescente a écrit son journal qui est devenu l’un des ouvrages les plus lus au monde.

Une fois la visite de l’annexe terminée, on nous raconte la suite. L’arrestation des clandestins après qu’ils furent dénoncés (on ignore toujours par qui). Leur déportation vers des camps nazi en septembre 1944. Anne Frank est finalement morte à l’hiver 1945, deux mois avant la libération du camp par les alliés. Son père, Otto, est le seul à avoir survécu.

C’est une histoire difficile à entendre et j’ai vécu beaucoup d’émotions en faisant cette visite. Il y a des témoignages poignants et certains items exposés sont aussi lourds de signification. On peut notamment voir une page d’un journal où Otto Frank, après sa libération, écrit une petite annonce dans l’espoir de retrouver les membres de sa famille. Le pauvre homme ne savait pas, à ce moment, qu’ils avaient tous péri. Otto se rendait même chaque jour à la gare centrale d’Amsterdam dans l’espoir de revoir sa femme et ses deux filles qui ne sont jamais revenues. Il y a aussi un registre des juifs déportés dans lequel apparaîssent les noms de la famille Frank.

Dans l’une des dernières salles, le journal original d’Anne Frank est exposé. Vif moment d’émotion. Au mur, un extrait du journal du 11 mai 1944:

« Vous savez depuis longtemps que mon souhait le plus grand est d’être journaliste et, plus tard, une écrivaine célèbre. Dans tous les cas, après la guerre, je voudrais publier un livre intitulé L’Annexe secrète. »

C’est donc après la mort d’Anne Frank que ses souhaits se sont réalisés. Le journal qu’elle a tenu pendant toutes ces années a été publié, puis traduit dans 70 langues. Devant ce constat, on ne peut qu’être bouleversé et ému.

À la toute fin, on présente aux visiteurs une vidéo de huit minutes au cours de laquelle plusieurs personnes (connues ou non) viennent expliquer la signification du Journal d’Anne Frank pour eux. On vous invite ensuite à faire de même.

Voici ce que j’ai écrit…

Parce que tout ce que souhaitait Anne Frank, c’est d’avoir les mêmes opportunités que les autres. N’est-ce pas légitime?

Une visite bouleversante, émouvante et incontournable lors d’un séjour à Amsterdam.

 

Statue d’Anne Frank à proximité de la maison

Maison Anne Frank:

  • 9,50€ (14$ CAD) pour l’accès au musée
  • Achetez votre billet TRÈS à l’avance, en ligne. En date du 8 octobre 2015, par exemple, les prochains billets disponibles étaient pour le 7 novembre. Si vous n’avez pas acheté votre billet en ligne, vous devrez faire la file et perdrez un temps précieux. Lors de notre passage, il y avait au moins 250-300 personnes qui attendaient à l’extérieur.
  • Une bonne partie du matériel audiovisuel de l’exposition est disponible en français. Pour ce qui est des descriptions écrites, elles sont en anglais et néerlandais.
  • Photos interdites à l’intérieur.

4 réflexions au sujet de « Face à la terrible histoire d’Anne Frank »

  1. Autre belle visite et très beau témoignage concernant les souvenirs que tu conservait d’Anne Frank. Merci de l’avoir partagé avec nous.

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