Sur les traces d’Oskar Schindler, sauveur de l’humanité

Je me souviens encore quand j’ai regardé le film « La liste de Schindler » pour la première fois. Mon amie Marjorie m’avait prêté le DVD un été en me disant que je devais voir ce classique sorti en salle une douzaine d’années plus tôt et qui a remporté l’Oscar du meilleur film en 1994.

Je me souviens surtout avoir été bouleversé. Choqué. Avoir pleuré toutes les larmes de mon corps dans les 30 dernières minutes. C’est devenu pour moi un film culte que j’ai réécouté plusieurs fois et que j’ai fait découvrir à certains, dont l’Amoureuse, la veille de notre départ. Parce que j’ai été immensément touché et parce que je pense que ce film de Spielberg transmet un message important.

Ce n’est qu’il y a quelques mois que j’ai appris par hasard que l’usine de celui qui a évité à des centaines de Juifs de finir dans la chambre à gaz avait été transformée en musée à Cracovie. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, Oskar Schindler a fait de 1100 Juifs ses employés, des « travailleurs essentiels », leur évitant ainsi de subir le triste sort qui leur était réservé. Schindler, lui-même Allemand et membre du parti nazi, est même allé jusqu’à payer, verser des pots-de-vin, pour leur sauver la vie.

La visite de l’usine de Schindler était donc un arrêt obligatoire pour moi en passant par Cracovie et c’est aujourd’hui que cela se passait.

Nous nous sommes d’abord rendu dans le quartier où se trouvait à l’époque le ghetto où se sont entassés jusqu’à 20 000 Juifs ayant chacun un espace d’environ 2 mètres carrés pour vivre. Nous avons marché quelques minutes dans les rues, puis j’ai aperçu cette plaque commémorative fixée sur un immeuble. 

« Dans cet immeuble, en 1941-1942, se trouvait une maison pour les ainés juifs. Lors des évictions du 28 octobre 1942, l’occupant allemand a fusillé à mort tous les habitants de même que le directeur », pouvait-on lire [traduction libre].

Le ton était donné. Nous nous sommes mis en marche vers l’ancienne usine de Schindler située quelques centaines de mètres plus loin en empruntant sans doute le même chemin que ses valeureux employés le faisaient à l’époque. En approchant du grand édifice blanc, ma gorge s’est un peu nouée.


Pour la visite, Mélissa et moi avions réservé les services d’une guide francophone qui a passé plus de deux heures à répondre à nos questions et à nous parler de l’histoire de Cracovie, de la guerre, du ghetto et de Schindler lui-même.

Dès le début, sont exposées des photos de Juifs humiliés en public alors que des soldats allemands leur coupent la barbe, les cheveux, en riant. Puis il y a cette réplique d’un tramway sur lequel on voit une affiche interdisant l’utilisation aux Juifs. Des photos de Juifs forcés de construire eux-mêmes le mur du ghetto qui allait les isoler du reste du monde. Tout au long, la même question revient en tête: pourquoi?


Après avoir parcouru de nombreuses salles, on arrive finalement dans la pièce qui a servi de bureau à Oskar Schindler. Comme ameublement, un vieux bureau de bois (reconstitution) puis, au mur, une carte de l’Europe (d’origine).


Dans la même pièce, on a érigé un monument formé de batteries de cuisine comme celles qui étaient fabriquées sur place. À l’intérieur, le nom des 1100 « Juifs de Schindler ». Premier moment d’intense émotion depuis notre entrée. Je ne parle plus, je ne pose plus de questions. Je me contente d’écouter ce que la guide a à dire.


On poursuit la visite pendant un moment et on termine par une salle où sont tapissées en six langues des témoignages de ceux qui ont eu la chance d’être sauvé par cet homme au grand cœur, alors qu’une douce musique joue en trame de fond.

« Il m’a embauché dans son usine tout en sachant que je ne servirais à rien », aie-je entre autres lu.

Cette fois, je n’ai pas pu me retenir. Mes yeux se sont remplis d’eau et quelques larmes ont coulé. Un mélange d’émotion entre la colère qu’un tel carnage ait eu lieu et toute la beauté, la bonté, entourant le geste d’Oskar Schindler.

Dans le film, le comptable de Schindler, Itzhak Stern, dit ceci au sujet de la liste des 1100 noms: « Cette liste, c’est le bien absolu. Cette liste, c’est la vie. » Je pense que cette citation résume tout. D’autant plus que, selon le judaïsme, Oskar Schindler a fait beaucoup plus que cela.

« Qui sauve une vie, sauve l’humanité », peut-on lire dans le Talmud. C’est d’ailleurs cette citation qui est inscrite à l’entrée de cette usine où un homme a choisi de faire le bien.

Usine d’Oskar Schindler:

  • 21 zlotys (7,15$ CAD) pour la visite
  • 130 zlotys (44,20$) pour une visite guidée en français (à réserver à l’avance sur le site Internet)

7 réflexions au sujet de « Sur les traces d’Oskar Schindler, sauveur de l’humanité »

  1. Ce fut un résumé très émouvant que tu nous as fait vivre aujourd’hui mon cher Hugo. J’espère que la suite sera toute aussi enrichissante pour toi et ton Amoureuse.

  2. Juste à te lire… je suis replongée dans le film que j’ai écouté en 1995, blondi sur mon divan à jonquière…

    je braillais ma jeune vie de 17 ans… tellement atroce, tellement beau…

    et dire que ça se passe encore un peu en ce moment dans notre monde avec le rejet des immigrants, les sévices etc…

    merci de cette visite…

    c’Est ben pas cher la pologne!!!

    et moi.. juste pour t’imiter je te dis: DING DING DING vacances… on prend l’avion le jeudi 28 septembre à 6h10 ton heure!

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  3. Ouffffff…..pas facile! Merci de me faire connaître cette histoire et me faire vivre des émotions juste à te lire. Ce monsieur Schindler mérite qu’on parle de lui, qu’on lui rendre un hommage pendant des siècles et des siècles…..c’est un sauveur! J’espère qu’on va en connaître d’autres des personnes qui vont faire du bien. Merci Hugo!

  4. C’est un film qui prend au coeur. D’être sur les lieux amène une grande compassion qui vous habite. Et combien d’autres personnes ont sauvé des vies…et en sauvent encore aujourd’hui. Une chance qu’elles sont là. Une chance qu’il y a des traces de ces vies. Continuez votre parcours émotif en toute sérénité. Bien hâte de lire la suite de vos découvertes.

  5. Salut Hugo,

    C’est toujours avec plaisir que je lis tes chroniques de voyage.

    Nous passons par une gamme d’émotions.

    Petite demande.

    Tu te souviens de ma passion pour les cartes postales.

    Alors, si tu le peux, et si tu en écris encore même si tu as un blogue, pense à moi.

    Moi aussi la Pologne et les événements tragiques durant la 2e guerre mondiale m’interpelle.

    Un autre film poignant sur cette période en Pologne est Le Pianiste. Tu l’as vu?

    Imagine Richard aussi en tant qu’historien.

    Je te redonne mon adresse:

    Marlène Boudrias

    Richard Lagrange

    233 rue Robert

    Saint-Bruno de Montarville, Québec

    Canada, J3V 5S4

    De ton côté, laisse moi tes nouvelles coordonnées postales.

    Bonne route,

    Marlène

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