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Poissons, plages et soleil

Étonnante surprise pour moi, aujourd’hui. Alors que je considérais déjà en voir eu plein la vue en termes de paysages et de beautés de la nature, force est d’admettre que j’ai été ébloui, époustouflé, émerveillé… Une fois de plus.

Sylvain, qui nous accompagne toujours dans notre périple, avait réservé une journée pour nous aux îles Similan; un archipel de neuf îles (similan voulant dire neuf) à une soixantaine de kilomètres au large de Khao Lak, dans l’océan Indien.

Après 75 minutes de « jet boat » filant à toute vitesse sur les vagues, voici ce qui s’est offert à nous…

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Partout autour de nous, de l’eau cristalline comme jamais je n’avais vue avant. En approchant avec le bateau on regarde au fond et on a l’impression qu’il n’y a que quelques mètres de profondeur alors qu’en réalité c’est beaucoup plus.

J’ai eu la chance de faire de la plongée en apnée près de deux îles: Koh Pa Boo et Koh Similan, la plus grande île. Et la faune sous-marine est impressionnante. Des centaines de poissons. Des petits. Des gros. Des multicolores. Des rayés. Tout cela parmi les coraux. Un seul mot: wow! Petite déception: je n’ai pas eu la chance d’apercevoir une tortue de mer. Il y en a pourtant beaucoup près de ces îles.

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On a aussi fait un arrêt dans Koh Miang pour le lunch. Près de deux heures de relaxation sur cette île, la deuxième plus grosse de l’archipel. Et que dire de ses plages?

En fait, c’est tout le décor qui est merveilleux. Comme les îles font partie d’un parc protégé, tout est contrôlé. Il n’y a pas de déchets par terre, il est interdit de repartir avec quoi que ce soit (coquillages, pierres, coraux, etc.) et tout est laissé à son état naturel. Partout, il y a d’immenses rochers pour compléter le portrait. Ça fait des « spots » à photo en masse!!!

En fait, l’endroit est tellement bien protégé que le parc est même fermé plusieurs mois par année pour éviter de nuire à l’écosystème. La nature avant les touristes.

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Finalement, on termine l’excursion par une visite sur Koh Similan pour baignade, mais surtout pour atteindre le merveilleux point de vue qu’offre l’île.

Remarquez la photo ci-dessus: il y a des gens qui se tiennent tout en haut du rocher, au pied de la pierre qui semble posée à la verticale.

On doit presque faire le sentier du combattant pour y arriver, mais ça vaut la peine de souffrir un peu. En fait, le problème est qu’il faut laisser nos souliers au port dès le début de l’excursion. Rendu sur Koh Similan, on emprunte un petit sentier et tout va bien… Jusqu’à ce qu’on doive escalader la montagne les pieds directement sur les racines des arbres, la terre, des planches de bois… Et je peux vous dire que les immenses roches sont brûlantes pour les pieds lorsque vous avez survécu jusqu’au sommet!

Mais le point de vue!!!! Difficile à décrire. On a une vue imprenable sur à peu près tous les côtés.

Après une journée comme ça, j’ai réussi à piquer un somme dans le « jet boat » au retour. Sylvain m’a même filmé en train de cogner des clous… Moment de grâce! 😉

Nous quittons Khao Lak demain matin pour une dernière destination avant de retourner à notre « camp de base » de Phuket pour terminer ce voyage.

Tout n’a pas été effacé

Khao Lak; Thaïlande. À la suite d’un puissant séisme dans l’océan Indien, une vague de 16 mètres de hauteur s’abat sur la côte et détruit tout sur son passage faisant de cette ville l’endroit le plus touché par la catastrophe en Thaïlande.

C’était il y a très exactement 107 mois; le 26 décembre 2004. Ce jour-là, les gens, ici, n’ont eu aucune chance. L’eau cristalline qui faisait la beauté de la place a semé la mort en pénétrant jusqu’à un kilomètre à l’intérieur des terres. C’est d’ailleurs ici qu’a eu lieu la véritable histoire racontée dans le film The Impossible, sorti l’an dernier. Un film réaliste et surtout bouleversant.

Dans un mois, neuf ans se seront écoulés depuis la catastrophe et force est d’admettre que quiconque ne serait pas au courant des événements et qui viendrait ici aujourd’hui aurait de la difficulté à deviner l’ampleur de ce qui s’est passé.

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L’océan a repris sa place et retrouvé sa beauté. L’eau y est bien chaude et les vagues qui viennent se briser sur la plage font souvent tinter les milliers de coquillages qui jonchent le sable.

Les hôtels ont été reconstruits et les touristes sont au rendez-vous. Malgré tout, la plage est loin d’être achalandée. Quelques personnes dans l’eau, des marcheurs… Rien à comparé à Patong ou à ce qui peut être vécu lors de nos traditionnels voyages tout inclus à Cuba ou en République dominicaine.

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C’est bien beau tout ça, mais les traces de la catastrophe n’ont pas toutes été effacées par le temps et je peux vous dire que ça brasse des émotions en-dedans.

C’est troublant de mettre les pieds là où des personnes sont mortes le lendemain de Noël alors qu’elles habitaient ici ou qu’elles y étaient en vacances pour célébrer en famille. Au lieu de ça, elles n’ont juste eu aucune chance de s’enfuir. On se sent terriblement vulnérables.

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Parmi les vestiges, il y a ce bateau de la police. La patrouille 813 devait, ce jour-là, veillez à la sécurité de membres de la famille royale thaïlandaise. Au moment de la vague géante, la navire se trouvait à environ un mile nautique de la rive, face à l’hôtel La Flora.

Le tsunami a littéralement transporté l’épave sur environ deux kilomètres, l’amenant sur le continent, au pied de la montagne. Les autorités ont décidé de laissé le bateau à cet endroit et d’en faire un mémorial. Ça démontre la puissance du monstre qui a déferlé ici.

J’ai aussi fait une découverte en marchant sur la plage en après-midi. Alors que les hôtels en bordure de mer se succèdent, il y a un terrain vague. Toutefois, à voir la végétation, on constate bien qu’il y avait un complexe hôtelier ici auparavant (désolé… photos dans mon appareil seulement).

Les palmiers sont disposés d’une façon précise, on devine un chemin parmi la végétation qui a poussé au cours des neuf dernières années et j’ai cru apercevoir, plus loin, les restes d’un immeuble en béton sur lequel a poussé de la végétation. J’ai appelé ça « l’hôtel fantôme ». Voyez d’ailleurs cette photo satellite provenant du GPS de mon cellulaire. C’est juste au-dessus de l’hôtel qui était au moment du cliché en construction.

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Ici, le temps s’est arrêté. Seule la nature semble avoir repris son travail. Sur un arbre, les photos de quatre personnes qui ont perdu la vie à cet endroit le 26 décembre 2004. Parmi eux, deux frères à peine sortis de l’adolescence ou sur le point de devenir adulte. Un jeune garçon de cinq ou six ans. Il y a aussi des fleurs et certains cadeaux. Les familles y ont fait leur propre mémorial.

Les larmes me sont montés aux yeux. Pendant quelques secondes, je me suis retourné vers l’océan pour imaginer cette immense vague arriver. Puis, dans ma tête, je l’ai vue déferler sur ce terrain. Bouleversant. Dès mon retour à notre place sur la plage, je me suis empressé de montrer les photos à ma sœur…

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Ce qui est le plus triste dans tout ça, c’est qu’il a fallu cette catastrophe pour que les autorités mettent en place des moyens adéquats. Le 26 décembre 2004, les gens, ici, n’ont jamais été avisés qu’une immense vague venait vers eux.

Ce n’est que huit ans plus tard, donc l’an dernier, qu’un système complet d’alerte a été mis sur pied. On voit entre autres de très hautes tours avec des hauts-parleurs au sommet. Au total, 136 tours de la sorte ont été installées par les autorités thaïs le long de la côte de la mer d’Andaman. Il y a aussi les affiches comme celles ci-dessus qui indiquent les routes d’évacuation à suivre.

Mieux vaut tard que jamais, me direz-vous. En effet, mais toujours est-il que plus de 8000 personnes sont mortes ce jour-là en Thaïlande. C’est de ces gens qu’on se souvient en visitant Khao Lak…