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L’horreur racontée par un survivant de l’Holocauste

C’était probablement en 2005, alors que j’étais encore à l’université. Dans le cadre d’un cours, je devais faire le portrait de quelqu’un. Je ne me souviens pas comment l’idée m’est venue, mais toujours est-il que j’ai décidé de raconter l’histoire d’un survivant de l’Holocauste.


Question de me préparer, je suis allé visiter le Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal, qui était alors tout près de chez moi, mais dont j’ignorais jusque là l’existence. Je me souviens être resté quelques heures à déambuler dans les corridors, m’arrêtant devant chaque vitrine du musée exhibant de tristes souvenirs. Puis, j’y suis retourné peu de temps plus tard alors que j’avais rendez-vous avec Walter Absil dans la salle du souvenir, la dernière de l’exposition, où se trouve notamment une urne contenant les centres de Juifs morts à Auschwitz. Je peux vous dire que ça frappe.

Je ne le réalisais pas à ce moment, mais je m’apprêtais à mener une entrevue qui compte, encore aujourd’hui, parmi mes rencontres les plus émouvantes. Je ne réalisais pas non plus la chance que j’avais de rencontrer cet homme qui allait me raconter de vive voix une page d’histoire plutôt que de la lire dans un livre impersonnel.

Je me suis assis à ses côtés et j’ai écouté son histoire comme je l’aurais fait avec mon grand-père. Je l’aurais d’ailleurs volontiers adopté comme troisième grand-papa tellement je le trouvais attachant. Walter Absil avait une façon unique de raconter les choses: un mélange d’aventure qui me faisait tenir sur le bout de mon banc et d’émotions qui m’ont tiré les larmes.

Au début des années 40, Walter Absil n’était encore qu’un adolescent qui habitait l’Autriche avec sa famille. Sont ensuite arrivées les politiques restrictives contre la communauté juive: interdiction d’aller à l’école, à la piscine, au théâtre… Puis, un jour, sa famille a été arrêtée par la Gestapo, la police politique du parti nazi.

Alors que ses parents ont été déportés, le jeune Walter, lui, a eu la chance d’éviter les camps de la mort en se cachant en Belgique sous une fausse identité fournie par la résistance belge. Walter Absil est ainsi devenu Émile Bondy, un jeune fermier. Au cours des années, il a vu la mort de près à deux reprises, dont une fois après avoir été intercepté par une patrouille allemande à la sortie d’un parc où on lui a demandé de s’identifier. L’homme avait alors sur lui ses faux papiers l’identifiant comme Émile Bondy, mais aussi ceux qui l’identifiaient en tant que Juif. Heureusement, les soldats n’ont pas été en mesure de déchiffrer cette carte.

Après la déportation de ses parents, Walter Absil ne les a jamais revus. Comme seule nouvelle, une lettre qui, croit-il, aurait été jetée par la fente d’un train dans laquelle ses parents évoquaient leur retour prochain. La missive aurait été ramassée par un passant, puis postée.

Après la libération, M. Absil a eu espoir de revoir ses parents après que les alliés eurent communiqué avec lui. C’est toutefois une toute autre surprise qui l’attendait. «Ils m’ont donné les boucles d’oreille de ma mère et la montre de mon père», m’avait-il dit avec émotion.

Il semble que les alliés avaient découvert un wagon rempli de bijoux tous identifiés au nom de leur propriétaire. «Avant de les gazer, de les massacrer, ils ont fait une liste pour savoir à qui ça appartenait», avait-il ajouté.

En 1951, Walter Absil, sa femme et leurs deux enfants sont débarqués à l’Anse au Foulon, à Québec, avant de s’installer à Montréal pour entreprendre une nouvelle vie.

J’ai appris il y a peu de temps que Walter Absil s’était finalement éteint en octobre 2015, quelques semaines à peine avant de célébrer ses 91 ans. Il aura donc vécu au moins 70 ans de plus et en aura consacré plusieurs à faire en sorte que les gens se souviennent, notamment en donnant des conférences. Et ça a fonctionné. Vous voyez, M. Absil, je ne vous ai jamais oublié et, plus de dix ans plus tard, je raconte encore votre histoire.

La Pologne pour pas cher

Une pinte de bière pour l’équivalent de 3$ CAD. Un billet ou d’autobus ou de train pour moins de 2$. Des repas qui ne coûtent pratiquement rien.

J’en avais parlé un peu plus tôt, l’aspect financier a inévitablement été un incitatif  quand est venu le temps de choisir notre nouvelle destination et je dois admettre que même si nous le savions avant de partir, c’est plutôt déconcertant à quel point le coût de la vie, ici, est bas.


Nous nous rendons compte tous les jours quand vient le temps d’acheter à peu près n’importe quoi. Que ce soit un billet de transport, des repas, une entrée pour une activité…

C’est plutôt le chiffre qu’on voit indiqué comme prix qui nous surprend. Quand, dans un menu, on voit 35 à côté d’un plat, on a tout de suite le réflexe de trouver cela dispendieux. Or, une fois la conversion faite, ce plat coûte en fait moins de 12$ CAD. On traîne la calculatrice pas trop loin.

Pour vous donner une idée, notre meilleur repas en Pologne (et aussi le plus cher) nous a coûté l’équivalent de moins de 40$ CAD pour deux personnes. Nous avions alors commandé une pinte de bière, un verre de vin rouge, une grosse portion de filet mignon servi avec patates et salade puis, finalement, une assiette d’agneau servie avec les mêmes accompagnements. Au Québec, un seul de ces deux repas nous aurait sans doute coûté une quarantaine de dollars. Aucune raison, donc, de se priver côté nourriture. Nous avons quand même été raisonnables. 

Comme nous avions loué un appartement à Varsovie et à Cracovie, nous avons aussi fait des commandes à l’épicerie qui se sont avérées très économiques. Un pain, de la margarine, du fromage et un grand format de jus pour moins de 6$ ? On aime!

Voici donc quelques comparaisons approximatives de prix entre la Pologne et Montréal:

  • Billet d’autobus 4,90 zlotys (1,66$) / 3,25$ à Montréal
  • Pinte de bière 8,90 zlotys (3$) / 7$ à Montréal
  • Trio gros sandwich chez McDonald’s 18,40 zlotys (6,25$) / 9$ à Montréal
  • Grosse gaufre avec Nutella 9 zlotys (3$) / 7$ à Montréal

Certaines compagnies se sont toutefois très bien « adaptées » au marché et affichent des prix aussi élevés qu’ailleurs. J’ai entre autres vu, dans une chaîne internationale, un simple chandail identifié à la marque en question à 250 zlotys, soit 85$.

Si l’envie vous prend de visiter la Pologne, faites vite, car le pays devait passer en zone euro l’an dernier, mais à finalement repoussé ce changement à plus tard. Lorsque ce jour viendra, la situation ne sera plus du tout aussi avantageuse…

« Fun fact » à propos du coût de la vie en Pologne:

  • Une guide nous a raconté qu’en décembre, de nombreux Irlandais et Britanniques viennent magasiner leurs cadeaux de Noël ici, car non seulement le coût de la vie est avantageux, mais aussi parce que le billet d’avion n’est pas dispendieux. 

Direction Pologne

Tout a commencé un samedi de janvier dernier. Ce matin-là, je me suis réveillé avec un message de l’Amoureuse qui m’envoyait un article de la section voyage de La Presse+ sur la Pologne. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai d’abord été surpris de son intérêt pour cette destination. Il faut dire qu’on en avait jamais parlé, mais pour moi, ça faisait incontestablement partie de ma liste. Pas nécessairement dans le haut, mais dans la section «à visiter un jour». Vous comprendrez donc que j’ai saisi la balle au bond.

À partir de ce moment-là, je me suis secrètement mis à faire des recherches (de vols, d’hébergement et de prix), puis j’ai échafaudé un semblant de plan avec des dates approximatives. Le vol le plus intéressant que j’ai trouvé était avec British Airways et nous permettait de faire une escale de 24 heures à Londres ou à l’aller ou au retour.

J’ai préparé mon «pitch» et j’ai présenté ça à Mélissa qui n’a pas mis de temps à embarquer dans mes idées folles, comme d’habitude.


C’est donc dans quelques heures que cette nouvelle aventure commencera. Une journée à Londres, d’abord, puis on file vers la Pologne pour la première semaine. Pourquoi cette destination? Le passionné d’histoire que je suis a reçu il y a longtemps l’appel de ce pays où s’est joué un important, mais infiniment triste chapitre de l’histoire contemporaine. Il y aura donc beaucoup à voir et à raconter.

Comme on cherchait un autre pays à visiter dans le même voyage, on terminera notre séjour à Prague, en République tchèque. Tous les gens que je connais qui y sont allés n’ont que de bons mots pour cette ville qu’on dit très romantique.

Même si ce n’est pas la raison principale, il y a aussi une considération financière à nos choix: la Pologne et la République tchèque ne sont pas encore passées à la zone euro et demeurent des destinations encore très abordables. Mieux vaut y aller maintenant.

C’est un voyage qui s’annonce rempli d’émotion et riche en découvertes. Une fois de plus, je vous invite dans mon sac à dos pour les deux prochaines semaines. Sur ce, je vais parfaire mes leçons de polonais et de tchèque!