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Tous à Waikiki Beach

Imaginez une ville accueillant des milliers de touristes et que, l’espace d’une journée, la quasi-totalité de ses commerces et restaurants soient fermés alors que les activités ont toutes été annulées.

C’est ce qui s’est passé à Honolulu, aujourd’hui. En prévision de l’ouragan Lane qui devait frapper Oahu, pratiquement tout était fermé. Nous-mêmes nous attendions au pire parce que c’était ce à quoi on nous avait préparés. Lorsque nous avons ouvert les rideaux de notre chambre, ce matin, on se disait qu’on allait voir de l’eau partout, mais visiblement il n’y avait pas eu de pluie de la nuit.

Après avoir déjeuné et avoir passé un peu de temps dans la chambre, on a finalement décidé de sortir. Il fallait voir les centaines de touristes marcher dans Kalakaua Avenue et faire la file devant les rares commerces ayant ouvert leurs portes: un petit kiosque de café, un comptoir à crème glacée, un dépanneur, un restaurant asiatique… Tous les autres affichaient toujours leur note de fermeture en raison de l’ouragan et, devant leurs portes, des sacs de sable empilés. Les transports publics avaient aussi été annulés pour la journée.

Alors, on fait quoi quand absolument tout est fermé? Tout ce beau monde (y compris nous) s’est retrouvé sur Waikiki Beach à profiter du fait que, finalement, on n’était pas enfermés pendant le déluge prévu. Malgré le ciel plutôt nuageux, les gens étaient cordés sur la plage! On s’est trouvé un coin pour s’étendre au bruit des vagues et j’ai même réussi à avoir un coup de soleil (oui, Maman, je sais; on bronze même quand c’est nuageux). L’océan était quant à lui déchaîné en raison des forts vents accompagnant l’ouragan. Les sauveteurs étaient aux aguets.

On a aussi profité de la journée pour marcher la long de l’eau jusqu’au zoo d’Honolulu qui était bien entendu lui aussi fermé pour la journée. C’est devant l’entrée que j’ai posé devant un immense banian; cet arbre qu’on voit un peu partout ici et que je trouve si beau.

Ce soir, on a trouvé un bon steakhouse à peine à quelques minutes de marche de notre hôtel qui était ouvert. Miracle! Il fallait toutefois faire la file à l’extérieur. À un certain moment, il y avait jusqu’à 90 minutes d’attente pour manger. On a siroté un bon cocktail pour fêter la mort officielle de l’ouragan Lane qui est devenu une tempête tropicale plus tôt aujourd’hui. Reste maintenant à voir si on recevra route la pluie prévue!

Hawaï: en attendant l’ouragan Lane

Lorsque notre avion a commencé à survoler l’archipel d’Hawaï, en fin de journée hier, à peine quelques nuages flottait au-dessus d’Oahu. Les rayons du soleil rendaient l’eau turquoise et j’ai même eu droit, par mon hublot, à une superbe vue en plongée de Diamond Head qui m’a ébloui.

Une fois atterris à Honolulu, on a découvert un aéroport qui nous a paru figé dans une autre décennie avec son style inspiré du défunt Jardin Tiki qui nous a bien fait rire.

Il n’a toutefois pas fallu attendre longtemps pour que la réalité nous rattrape. Rapidement, mon téléphone s’est mis à sonner avec ce son strident qu’on connaît depuis peu au Québec lorsque l’écran de notre téléviseur devient rouge pour une alerte. Une fois, deux fois, trois fois… six fois, pour nous avertir que la région faisait désormais l’objet d’un avertissement d’ouragan. Puis, sont entrés les courriels d’Affaires mondiales Canada me mettant au fait des dernières informations et m’avisant de communiquer avec le consulat australien d’Honolulu en cas d’urgence (vive le Commonwealth!).

Je savais que nous arriverions ici sans problème et j’avais bon espoir que nous nous en tirions. Nous avions communiqué avant le départ avec la compagnie aérienne, avec notre hôtel, je suivais assidûment la trajectoire de l’ouragan Lane et je me suis efforcé de rassurer l’Amoureuse. Mais vous savez, c’est franchement difficile de rassurer quelqu’un quand on n’est nous-même pas du tout convaincu que tout ira bien. J’ai finalement glissé dans mon sac à dos ma lampe de poche, un chargeur de secours pour mon téléphone et mon SteriPEN servant à purifier de l’eau impropre à la consommation.

Lorsque nous avons marché dans les rues de la capitale, le premier soir, tout le monde vaquait à ses occupations. Aucun commerce n’était barricadé. Malgré tout, les scénarios ont tourné dans ma tête tout au long de la nuit.

À notre réveil jeudi matin, tout était tranquille à l’extérieur. Nous avons pris l’autobus pour visiter le mémorial de Pearl Harbor, mais nous nous sommes finalement cogné le nez sur la porte, car ils ont fermé le site en prévision de l’arrivée de l’ouragan.

Nous sommes finalement revenus en ville avant de faire un tour au bord de la plage. Ala Moana Beach, normalement bondée, était déserte. Seuls des surfeurs, loin de la côte, profitaient des vagues. Malgré le temps gris, l’endroit était superbe. Nous sommes ensuite allés jeter un œil à Waikiki Beach, plus achalandée en cette journée.

C’est assez incroyable parce que personne, ni les locaux ni les touristes, ne semblent vraiment inquiets de ce qui s’en vient. C’est peut-être l’esprit d’Aloha qui rend tout plus « cool ».

En revenant vers notre hôtel, les premiers signes de la préparation à l’ouragan ont commencé à apparaître: des sacs de sable près des commerces, puis la vitrine de la boutique Microsoft placardée, sans doute plus pour prévenir le pillage que les conséquences directes de la tempête. La plupart des commerces commençaient à annoncer leur fermeture à 16h alors que leur réouverture n’est prévue que samedi. On a donc fait des provisions d’eau et de nourriture.

La réception de l’hôtel, incapable de nous guider avec précision sur ce que nous devions faire, nous a remis une liste des centres d’urgence ouverts à Honolulu. Nous nous sommes longuement demandé ce qui était le mieux pour nous. Comme notre chambre est au 44e et dernier étage et que la principale crainte en lien avec l’ouragan est les inondations, nous avons décidé de rester à l’hôtel. Nous sommes ressortis pour acheter une pizza en guise de souper et garder des restes pour demain.

On a finalement dû faire trois places pour en avoir une. Au deuxième restaurant, le personnel venait tout juste d’afficher la pancarte « Fermé » quand nous sommes arrivés. J’ai presque supplié le gars derrière le comptoir pour qu’il nous en prépare une; en vain. On a finalement réussi à trouver un Pizza Hut moins d’une heure avant sa fermeture.

Alors qu’on attendait l’autobus pour revenir avec notre « butin » les sirènes de la ville ont retenti pendant environ deux minutes. Au même moment, une nouvelle alerte sur mon cellulaire: « Vents extrêmement dangereux et possibles inondations. Quittez la zone de menace. »

On est rentrés à l’hôtel et nous avons finalement eu une consigne claire nous indiquant de rester dans l’immeuble et de ne pas tenter de rejoindre l’aéroport. Il ne reste plus qu’à attendre. On entend le vent souffler violemment dehors, mais le pire serait à venir. Comme on ne sait pas ce qui nous attend, on a refait notre sac et nous dormirons habillés, près à partir au cas où…

Quelques « fun facts » au sujet d’Honolulu (ça en prend bien, malgré les circonstances):

  • Nous nous sommes faits « carter » deux fois en 24 heures pour de l’alcool: au restaurant et dans un dépanneur. Ma face devait valoir 100$!
  • Il y a des noms de rue pour le moins originaux, ici, dont Punchbowl Street, en référence au cratère volcanique du même nom.