À l’assaut du Teide

Le soleil a brillé fort aujourd’hui sur Tenerife. Pas parce qu’il n’y avait pas de nuages, mais parce que je me suis déplacé au-dessus. C’est ça, l’art de contourner un problème! Non, mais il faut ce qu’il faut! 

 

J’ai finalement réussi à me rendre dans le parc national du Teide, aujourd’hui, malgré que le téléférique soit encore arrêté en raison de la météo.

Il faut dire que mon premier « contact » avec le volcan m’a plutôt effrayé. Lorsque mon avion survolait l’île avant d’atterrir, lundi, le sommet du Teide était la seule chose qui perçait le couvert nuageux. Quand j’ai regardé l’écran, l’altitude était de 3000 mètres. J’ai eu un petit frisson.

On a remis ça, aujourd’hui. Et, croyez-moi, il faut avoir le cœur solide pour monter ici parce que si vous avez le mal des transports, vous risquez de retrouver votre cœur et votre déjeuner dans un petit sac. On se comprend? Pendant une heure, l’autobus tourne, monte, tourne…

Je me suis arrêté au Parador Las Cañadas, qui est à une altitude d’environ 2100 mètres. Et voici la vue.

  

C’est ce que j’attendais depuis le début de mon séjour et bien avant. Ma rencontre avec le volcan qui se trouve au milieu de Tenerife. Oh, il a l’air bien inoffensif comme ça, mais il est toujours actif. Sa dernière « colère » remonte à plus de 100 ans (en novembre 1909), mais qui sait quand il piquera sa prochaine?

À défaut d’avoir un téléférique pour m’amener au sommet, j’ai parcouru une dizaine de kilomètres dans les sentiers du parc national, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Premier objectif, Roques de Garcia, ces immenses pierres que vous voyez au premier plan de la photo précédente.

  

Il s’agit en fait de lave durcie. Auparavant, elle était sous terre et s’est cristallisée dans des cheminées. Avec les années, le terrain s’est affaissé, érodé, mais le magma solidifié, lui, est encore là et nous donne droit à ce paysage. 

Il y a un sentier de 3,5 km qui fait le tour de ces formations rocheuses et qui est identifié comme étant de difficulté « moyenne ». Je vous jure que si je mets la main sur la personne qui a décidé ça, on va avoir une méchante discussion sur la définition de « moyenne » et aussi sur la définition de « balisé », dans le sens de sentier balisé.

 

Ha, le sentier est merveilleusement beau, ce n’est pas ça le problème! On s’approche un peu plus du volcan, la nature reprend sa place avec le printemps, les points de vue sont complètement hallucinants! J’aurais bien aimé, toutefois, ne pas avoir l’impression d’être sur le bord d’y laisser ma peau. J’exagère, mais que le Lonely Planet parle de randonnée « familiale » me rend un peu fou.

Bref, j’ai marché, escaladé et tenté de me frayer un chemin dans un champ de lave aux rochers instables qui déboulaient sous mes pieds.

J’ai survécu et comme j’en avais visiblement pas encore eu assez à mon goût, je me suis attaqué à un autre sentier, à mon avis beaucoup mieux aménagé, le Siete Cañadas, que j’ai fait seulement en partie parce que je devais reprendre l’autobus à 16h… et parce que mon corps en avait assez.

 

Ces 10 kilomètres ont eu raison de mes pieds, de mes genoux aussi. L’effort à cette altitude est un peu plus difficile également. Mon cœur en a pompé un coup.

Je suis exténué, mais fier de ma journée. Heureux d’avoir pu voir cette magnifique montagne encore décorée de son manteau blanc. Après ma randonné, je me suis assis, là, à la contempler de longues minutes. Dans l’autobus, j’ai l’ai observée jusqu’à ce que je la perde de vue. 

Le démon qui vole le soleil

Je termine avec une anecdote sur le Teide. Au XIIIe siècle, le volcan est entré en éruption, mais à cette époque le phénomène n’était pas connu des habitants des Canaries. Ces derniers croyaient que c’était un démon qui se cachait dans la montagne.

Comme l’éruption a provoqué un nuage de fumée et de poussière, les habitants ont cru que le démon avait « volé » le soleil, car il était jaloux de sa lumière. Ils ont prié pour le retour du soleil qui est finalement revenu (lorsque le nuage s’est dissipé). Les habitants se sont rendus au cratère et ont vu que le trou était recouvert d’une importante couche de pierre (en fait, la solidification du magma) et ils en ont conclu que le démon était enfermé à tout jamais.

  

Informations sur les sentiers que j’ai empruntés:

  • Sentier #3, Roques de Garcia. Boucle de 3,5 km à partir du Parador Las Cañadas, au sud de la montagne. Dénivelé de 175 mètres. Difficulté moyenne. Prévoir 1h30. 
  • Sentier #4, Siete Cañadas. Route de 16,6 km reliant les deux centres de visiteurs (Parador Las Cañadas à El Portillo). Dénivelé de 150 mètres. Difficulté faible. Prévoir de 4 à 5 heures. 

  

  

11 réflexions au sujet de « À l’assaut du Teide »

  1. Quelle journée éreintante mais combien satisfaisante pour toi qui attendait ce moment depuis longtemps. Je suis content d’avoir lu ce récit mon cher fils…take care.

  2. En tout cas Hugo je te conseille d’être très très gentil avec ce volcan pour ne pas qu’il manifeste sa prochaine colère en ta présence. Je veux te revoir :)). Merci! Encore merci! C’est tellement éducatif et de si belles photos. J’aime voyager de cette façon! xxx

  3. WOW…. Quel beau récit Hugo ! On a vraiment l’impression d’y être avec toi…..! Étonnée de voir une autre facette des Canaries……Je m’imagineais ces îles très  »plages » !!!!
    C’est absolument magnifique !!!! Merci xxxx

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