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Varsovie toute en beauté

Vous vous souvenez que pas plus tard que vendredi dernier j’écrivais ici même avoir été stupéfait par le caractère glacial de Varsovie à mon arrivée. Il faut croire qu’elle et moi avons appris à mieux nous connaître au cours des quatre derniers jours… même si je l’ai regardée de haut ce matin.

L’Amoureuse et moi sommes montés au 30e étage du Palais de la culture et de la science, l’un des plus hauts immeubles de la ville, pourvu d’une terrasse panoramique offrant une vue imprenable sur Varsovie.


Il faut dire que cet immeuble imposant (on ne peut clairement pas le manquer) est un peu controversé ici, car il s’agit d’un lègue de l’époque soviétique. Il accueille aujourd’hui des bureaux, la faculté de mathématiques de l’université, un cinéma, le palais des congrès, des expositions, etc.

C’est en faisant le tour d’autobus touristique que nous avons appris que nous avions la possibilité de monter au sommet de la tour pour admirer la vue et c’est ce que nous avons fait ce matin.

L’une des premières choses qui nous a frappés, c’est de voir à quel point, même des airs, la vieille ville se démarque du reste de Varsovie avec ses toits orange. Vous vous souvenez qu’à la suite de la guerre, ce secteur a été reconstruit selon les plans d’origine et qu’il est maintenant au patrimoine mondial de l’UNESCO.


C’est aussi spécial de se dire que tout ce qui est devant nous, ou presque, est âgé d’au plus 70 ans puisque Varsovie a été rasée en quasi-totalité lors de la Deuxième Guerre.

Mélissa et moi avons ensuite pris le chemin du parc Lazienki, le plus grand de la ville, en passant d’abord dans la rue des ambassades, dont celle du « Kanady » (« Canada ») comme ils disent ici. Le parc héberge entre autre une statue du célèbre compositeur Frédéric Chopin, natif de Varsovie, en plus de superbes pavillons.


Un grand lac occupe également un grand espace du parc populaire autant auprès des touristes que des locaux. Le dimanche, des dizaines de personnes s’y réunissent entre autres pour assister à des concerts en plein air. C’est un endroit qui vaut le détour. 

Nous avons terminé la journée par une promenade dans les fortifications de Stare Miasto, ce secteur de la ville qui m’a impressionné jusqu’à la toute dernière minute.


Est donc venu le temps de te dire au revoir, Warszawa. Merci pour le temps passé avec toi. Demain matin, cap sur Cracovie. 

Terrasse panoramique du Palais de la culture et de la science:

  • 20 zlotys (6,80$ CAD)
  • Prévoir une heure pour bien profiter de la visite. 

L’horreur en quatre heures

Depuis que nous sommes ici, l’Amoureuse et moi en avons appris énormément sur l’histoire de Varsovie et de la Pologne. J’en connaissais déjà un peu, bien entendu, mais je vous avouerais que ça me trouble pas mal.

Les Polonais ne l’ont pas eu facile, particulièrement au cours du 20e siècle, et le Musée de l’insurrection de Varsovie, que nous avons visité hier et aujourd’hui, nous le rappelle bien. Les quatre heures que nous avons passées au musée nous ont permis de comprendre comment Varsovie est passée de 1,3 million d’habitants à seulement un millier entre 1939 et 1945, mais aussi comment la ville a été détruite à près de 85% pendant la Deuxième Guerre mondiale, la transformant ainsi en champ de ruines.

Au cours de ces années, personne n’a été tendre envers les Polonais. Les Allemands les ont tués, pillés et ont tout détruit pendant que l’URSS, elle, regardait tout ça les bras croisés (je résume…). Varsovie a non seulement été meurtrie par la Deuxième Guerre, mais aussi par l’insurrection de ses habitants contre l’ennemi allemand.


Le Musée explique entre autres que les Allemands, une fois en Pologne, ont rempli 45 000 wagons de tout le matériel qu’ils jugeaient utile avant de l’envoyer en Allemagne et de détruire le reste. Des habitants de Varsovie ont été faits prisonniers, d’autres ont été mis aux travaux forcés pour le IIIe Reich alors que d’autres ont tout simplement été exécutés. Bref, c’est l’horreur. 

Staline, lui, n’est pas intervenu, car il aspirait à reconstruire la ville selon sa vision (de là le look architectural soviétique dont je vous parle depuis notre arrivée ici).

L’exposition se termine par une courte projection où défilent des images aériennes prises de Varsovie après la guerre alors qu’il ne reste tout simplement plus rien. C’est l’incompréhension.

Et cela est sans parler de la communauté juive qui a connu un sort atroce entre autres dans le ghetto de Varsovie, le plus grand pendant la Deuxième Guerre. Ils ont entassé plus de 450 000 Juifs dans un secteur restreint, les obligeant à vivre plus d’une dizaine sous le même toit. Non seulement les Juifs étaient plus rationnés que les autres Polonais, mais quiconque acceptait d’aider un Juif était passible de la peine de mort.


Plus de 300 000 Juifs ont été déportés avant que ceux restants s’insurgent ayant comme conséquence la destruction du ghetto par les Allemands. Aujourd’hui, seules quelques briques du mur de trois mètres entourant le ghetto sont encore présentes et témoignent du triste passé (voir photo ci-dessus).

Château royal

Toujours dans le volet « histoire », nous avons terminé notre journée au château royal de Varsovie, construit à l’époque où la Pologne était dirigé par un roi.


Le château a été détruit par les Allemands au cours de la Deuxième Guerre avant d’être reconstruit fidèle à l’original. Certains objets ont même pu être sauvés et ont retrouvé leur place initiale dans le château. Visite intéressante qui ne s’éternise pas; on aime.

Un petit mot, en terminant, au sujet de l’atmosphère qui régnait en fin de journée dans la vieille ville, Stare Miasto. Pendant que le soleil descendait doucement en nous réchauffant encore pour quelques minutes, la place face au château était animée: touristes et locaux déferlaient, les enfants jouaient, les vendeurs de ballons se promenaient avec leur grand bouquet multicolore alors qu’un homme jouait de l’accordéon. Banal, vous me direz, mais c’est le genre de scène qui me rend heureux.

Musée de l’insurrection de Varsovie:

  • 18 zlotys (un peu plus de 6$ CAD), 10 zlotys (3,40$) pour l’audioguide. Gratuit le dimanche.
  • Prévoir un minimum de 3 heures de visite.

Château royal de Varsovie:

  • 23 zlotys (7,82$ CAD); gratuit le dimanche. 
  • Prévoir 1h30 de visite. 

Habiter un loft hors du commun à Varsovie

J’en ai déjà parlé quelques fois sur mon blogue; j’ai de plus en plus tendance à me tourner vers Airbnb pour m’héberger lorsque je voyage.

Lors de mon séjour au îles Canaries, en 2015, je me suis ainsi retrouvé dans un magnifique petit logement dans une rue piétonne de Puerto de la Cruz. L’automne dernier, l’Amoureuse et moi avons dormi pendant plusieurs nuits dans un coquet grenier d’Amsterdam. Chaque fois, c’est une belle expérience et j’essaie de trouver quelque chose qui sort un peu de l’ordinaire.

Je ne dresserai pas une fois de plus les avantages et désavantages de Airbnb, mais je peux vous dire que cette fois-ci ne fait pas exception. Mélissa et moi avons trouvé un superbe loft qui sort de l’ordinaire que nous avons loué pour 91$ par jour. Je vous amène faire le tour…

Un trésor bien caché… Même nous on trouve que, de l’extérieur, ça n’a vraiment l’air de rien. Je vous l’ai dit, hier, architecture soviétique et pas très chaleureuse.


Ok, pas seulement de l’extérieur, l’escalier est tellement crade que ça fait un peu peur.


Mais une fois à l’intérieur… Merveilleux appartement avec chambre sur la mezzanine, cuisine toute équipée, grande douche avec banc et sauna humide. La classe!

Découverte de la cuisine polonaise

Des fois, on a beau vouloir rentabiliser notre temps, faire des plans, mais les choses ne tournent pas comme on l’aurait souhaité. Aujourd’hui, c’était un peu ce genre de journée. Tout a fonctionné… mais seulement à moitié.

Ce matin, d’abord,  on s’était dit qu’on monterait à bord de l’autobus touristique pour avoir un portrait général de Varsovie et un aperçu de certains quartiers que nous n’aurons pas la chance d’explorer en quelques jours à peine. Or, on a réussi à faire seulement la moitié du parcours parce qu’il y avait une grande manifestation des employés du secteur de la santé dans les rues de la ville, ce qui a empêché l’autobus de compléter son tour. On a essayé de se reprendre un peu plus tard en journée, mais la manifestation était encore en cours. 

Nous nous sommes donc tournés vers le Musée de l’Insurrection de Varsovie qu’on voulait visiter au cours de notre séjour. Or, après un peu moins de deux heures de visite, on s’est fait mettre à la porte (vraiment!) parce que le musée fermait exceptionnellement 1h30 plus tôt aujourd’hui. À 16h30, ils ont fermé les lumières et mis les visiteurs dehors; rien de moins. On devrait donc aller terminer notre visite demain matin, parce que c’est plutôt dommage de finir ça comme ça.

Bref, ça n’a pas été une journée très rentable au niveau visite. On essayera de se reprendre demain.

En revanche, on a eu un bon souper qui nous a permis de partager deux plats typiques de la cuisine polonaise: des pierogis et une soupe zurek.


Les pierogis sont des espèces de dumplings, de ravioles, apprêtés de différentes façons. Ce soir, ils étaient farcis de patates pilées, de bacon fumé et de fromage à la crème avec de petits morceaux d’oignon sur le dessus.


Quant à la soupe qu’on dit aigre, on la prépare entre autres avec un œuf bouilli et des morceaux de saucisse polonaise. Ce soir, elle était servie dans un bol en pain.

On a donc partagé tout ça et les deux plats étaient goûteux et délicieux. Avec une pinte de bière et une boisson gazeuse, ce souper nous a coûté 18$. Plutôt incroyable!

J’ai oublié de vous dire… les Polonais semblent avoir la dent sucrée. Il y a beaucoup de commerces et de kiosques de crème glacée, pâtisseries, etc. Ce soir, on a essayé les gaufres: Nutella pour l’Amoureuse et duo crème fouettée – M&M pour moi. Ça promet pour la suite!

Dépaysante Varsovie

Plus de 24 heures après avoir quitté Montréal, nous voici enfin au début de notre « véritable » itinéraire de voyage. L’avion qui nous a transportés depuis Londres a mis un peu moins de deux heures pour se poser à Varsovie, cet avant-midi.

Première constatation des voyageurs: ça sent le dépaysement! À tous les niveaux. La langue, d’abord. On a eu bien de la difficulté à s’acheter un billet de train, aujourd’hui, parce que la guichetière ne parlait pas anglais (ni français, bien entendu). Il y avait seulement une mince épaisseur de verre entre nous, mais j’avais plutôt l’impression que c’était un mur de béton armé.

Pourtant, j’étais plutôt bien parti. Ce matin, j’ai réussi à faire sourire le douanier (!!!) en lui poussant un « cześć », « bonjour » en polonais. Ma formule de politesse toute préparée ne m’a pas servi à grand-chose pour acheter un billet de train. On s’est finalement compris en écrivant parce que, qu’on se le dise, phonétiquement, le polonais ne ressemble en rien au français et, ça, c’est franchement déstabilisant.

Autre choc: l’architecture. Quand nous sommes sortis de la gare centrale, je me suis demandé si nous n’étions pas plutôt rendus en Russie. Disons simplement que ce n’était esthétiquement pas très chaleureux et c’est là un euphémisme. Je ne l’ai pas dit à voix haute, mais disons que Mélissa m’a fait comprendre qu’elle  était du même avis.

J’ai finalement compris un peu plus tard que c’est en raison de son histoire que la capitale de la Pologne s’est développée de cette façon. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, 85% de la ville a été transformée en champ de ruines. Comme la Pologne s’est alliée au bloc de l’Est, le style stalinien a été privilégié dans la reconstruction, sauf à un endroit bien précis… Stare Miasto.

Ce secteur aussi a été complètement détruit, mais on a plutôt décider de le reconstruire identique à ce qu’il était avant la guerre ce qui fait en sorte que la vieille ville de Varsovie est aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est d’ailleurs à cet endroit que se trouve la majorité des touristes en ville. C’est coloré, charmant comme tout, il y a de belles terrasses ici et là, des musiciens et des artistes de rue… C’est un peu comme leur Vieux-Québec, si vous voulez.

De larges parties des anciennes fortifications de la ville sont également toujours visible dans cette partie de Varsovie. J’ai été complètement conquis par Stare Miasto!

Finalement, dernier aspect du dépaysement après seulement une journée en Pologne: la nourriture. Détrompez-vous, ce n’est certainement pas moi qui vais m’en plaindre! Je déteste voyager et avoir l’impression que je mange exactement la même chose qu’à la maison. J’ai très hâte d’approfondir la découverte de cette culture culinaire au cours des prochains jours.

En tant que voyageur, le dépaysement a parfois comme premier effet de se dire « mais qu’est-ce que je suis venu faire ici? », mais, chaque fois, j’accepte de donner une chance à l’endroit où je me trouve. En fait de ME donner la chance de m’adapter pour ensuite mieux l’apprécier.