Bilan nordique et vie princière

Alors que nous nous apprêtons à nous envoler pour le sud de la Thaïlande dans quelques heures et que la prochaine semaine sera assurément vraiment différente de ce que nous avons vu jusqu’à maintenant, j’ai cru bon de dresser un « bilan nordique » du voyage.

Nous avons vu Bangkok, Sukhothaï, Chiang Mai et Pai; toutes des villes si différentes l’une de l’autre.

– Bangkok: ville immense, impossible à visiter en entier, capitale au rythme effréné.

– Sukhothaï: vieille capitale particulièrement tranquille mais reconnue pour son ancienne ville… D’ailleurs, difficile de croire, en voyant la ville aujourd’hui qu’elle fut jadis capitale.

– Chiang Mai: métropole du nord, elle attire beaucoup de touristes avec ses mille et une attractions.

– Pai: petit village aux airs reggaes situé au cœur de montagnes d’un vert éclatant, habitants particulièrement sympathiques et peu affectés par le stress.

Mon coup de cœur aura été Pai. Pour sa beauté naturelle, pour sa simplicité également. Pour les découvertes que j’y ai faites. La ville est de plus en plus touristique, mais elle conserve encore un charme fou qui a de quoi séduire quiconque s’y arrête.

Sinon, que dire de plus? Je ne peux qu’être attiré par la bouffe de rue dans toutes ces villes. Il faut sentir ces odeurs de viande ou frite ou sautée, ces légumes, ces nouilles qu’on fait cuire devant vous… On sacrifie le côté hygiène et on goûte, tout simplement. C’est moins dispendieux que dans les hôtels et les restaurants et, honnêtement, ça a souvent meilleur goût. Les Thaïs sont si heureux de préparer ces plats pour nous.

Prenez ce soir, par exemple, nous sommes allés dans un quartier de Bangkok où il y a peu de touristes. Ceux qui cuisinent dans les rues étaient content de nous voir et ça paraissait.

Je me régale littéralement chaque jour de pad thaï, de rouleaux de printemps et de plusieurs sortes de viandes. On mange comme des rois et on mange surtout santé: pas de pain, pas de dessert, beaucoup de légumes…

24 heures comme un prince

Comme vous le savez, nous sommes de retour à Bangkok depuis ce matin. Nous avions réservé une nuit au Chatrium Riverside, un hôtel plutôt chic en bordure de la rivière.

Je suis actuellement sur le balcon de notre suite (parce que, oui, nous avons une suite avec salon, cuisine, deux chambres et deux salles de bain) du 15e étage de cette majestueuse tour.

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Voici la vue qui s’offre à moi alors que je déguste tranquillement la bouteille de rouge offerte gracieusement par Papa et Maman (merci à eux!). Du balcon, on entend bien le tumulte de la ville: les voitures, les klaxons, les policiers qui ne cessent de jouer du sifflet pour faire la circulation… Les immeubles sont éclairés. Au loin, des éclairs de chaleur illuminent le ciel.

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Ma chambre est d’ailleurs vitrée plein-pied sur deux faces: un rêve pour moi! Je vais assurément dormir sans les rideaux ce soir. C’est le petit luxe du voyage que nous nous sommes permis.

Nous avons passé l’après-midi au bord de la piscine, sur le toit du sixième étage et qui donne elle aussi une vue imprenable sur la ville et la rivière. Journée détente à boire des cocktails à 12$ CAN.

Toujours dans la même veine, à l’origine nous devions faire le trajet Chiang Mai – Bangkok en train, de nuit, dans une voiture avec couchettes. Or, nous avons appris en arrivant ici que le train est fermé, car ils refont actuellement la voie. Nous nous sommes rabattus sur le bus, à contrecœur, car nous avions neuf heures de route à faire.

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Belle surprise, toutefois: c’est dans un autocar plus confortable qu’un avion que nous avons pris place. Larges bancs en partie couchés, beaucoup de place pour les jambes, écran tactile à chaque siège et même un repas chaud servi!! Tout ça pour… 18$ CAN. On aime.

Demain matin, nous avons un vol vers Phuket afin d’aller rejoindre Sylvain, la connaissance dont je vous parlais lors d’un autre billet. Nous venons tous du même coin de pays: Rivière-Rouge. Sylvain habite maintenant ici en permanence et il a gentiment accepté non seulement de nous recevoir chez lui, mais surtout de nous faire découvrir ces petits coins qu’il affectionne tant.

J’ai l’impression de commencer un deuxième voyage! C’est parti, allons continuer et terminer tout ça en beauté…

Une femme reconnaissante et marquée

Je ne saurais dire si cette femme est ou plus reconnaissante ou plus marquée par ce qu’elle a vécu. Ce matin, j’ai eu la chance de rencontrer la propriétaire du Darling View Point, Parichat Hampel, la femme dont je vous parlais plus tôt qui a été sauvée par un Québécois.

J’étais particulièrement déçu de ne pas l’avoir rencontrée depuis notre arrivée, mais j’ai cru la reconnaître lorsque qu’elle est venue nous servir notre déjeuner ce matin. Pour m’en assurer, je lui ai dit « merci » plutôt que de la remercier en thaï. Devant sa réaction, je lui ai demandé si elle était bien Parichat.

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Lorsque je lui ai dit que nous étions Québécois, elle est immédiatement allée chercher le livre ci-dessus.

On peut y lire son histoire. Elle explique qu’à l’été 2005 son hôtel, qui se trouvait alors au bord de la rivière, a été complètement détruit par une inondation à Pai. Alors qu’elle était elle-même emportée par les flots, elle a été sauvée par le fameux « Éric », le Français, dont elle parle sur l’affiche à la réception de l’hôtel, ainsi que par un Québécois, un certain Patrick Lacombe.

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Vous devriez voir les yeux de cette femme lorsqu’elle parle de ce qu’elle a vécu… On sent un mélange d’émotions. Comme si ces souvenirs qui remontent lui donnaient le goût de pleurer de tristesse, mais aussi de joie d’être encore en vie et de reconnaissance face à ceux qui l’ont aidé.

Patrick Lacombe est cet homme qui aurait entièrement payé la reconstruction de l’hôtel à son emplacement actuel, plusieurs dizaines de mètres plus haut à flanc de montagne, en organisant notamment une campagne de financement.

Ce serait grâce à lui que la femme a pu rapidement repartir en affaires, procédant à la reconstruction moins de trois mois après le désastre qui lui a coûté son gagne pain et qui a failli lui être fatal.

C’est spécial parce que aller au Darling View Point et être Québécois, c’est un peu se sentir soi-même sauveur, et ce, même si on n’a rien fait du tout. Mme Hampel a l’un de ses regards lorsqu’elle pose les yeux sur nous. Un regard d’admiration.

Alors que je m’apprêtais à quitter avec mes deux sacs à dos bien chargés, la propriétaire s’est empressée de sortir un cahier et m’a demandé d’y écrire un mot, comme l’ont fait plusieurs autres voyageurs. J’y ai composé quelques lignes en anglais et en français, question de nous faire honneur.

Une brève rencontre, mais qu’on pourrait aussi ajouter à la liste Des gens en or

Tout doux, l’éléphant!

Ce matin, le préposé de l’hôtel avait préparé deux paquets à notre attention. Deux paquets qui annonçaient nos deux activités pour notre dernière journée complète à Pai: un sac de bananes trop mûres depuis longtemps et un panier avec trois œufs.

D’abord, les bananes. Après l’avion, le taxi, le tuk-tuk, le bateau et l’autobus, j’ajoute un nouveau moyen de transport à ceux utilisés depuis le début du voyage: la ballade à dos d’éléphant.

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Nous avions réservé une excursion dans un camp d’éléphants situé tout près d’ici pour une randonnée de deux heures. Et je peux vous dire que quand est venu le temps de monter la bête féminine de 28 ans, j’ai un peu douté. C’est haut. C’est instable. Après quelques minutes, je me demandais comment j’allais pouvoir endurer ça pendant deux heures.

Heureusement, tout le monde a fini par gagner confiance. On a fait une longue balade dans la montagne alors que Madame s’arrêtait sans cesse pour se nourrir d’à peu près toute la végétation qui lui tombait sous la trompe. Sans blague, elle a dévasté une bonne partie de la forêt!! Haha!

Ensuite, on a tous fait une pause baignade dans la rivière. Madame s’est d’ailleurs fait un malin plaisir de se pencher d’un côté pour tous nous envoyer à l’eau! Pendant ce temps-là, moi je surveillais le guide qui avait de l’eau jusqu’à la moitié du torse et qui se baladait ma caméra photo en main. « Surveille ce que tu fais, gentil monsieur, et n’échappe surtout pas ça. »

Nous sommes finalement rentrés au camp et avons gavé notre gourmande des bananes soigneusement préparées. Tout s’est bien passé. Par contre, je peux vous dire que j’ai les jambes et les bras endoloris ce soir. Les jambes en raison de la position pendant la ballade et les bras à force de -trop- bien s’agripper.

Maintenant, les œufs. En après-midi, on a fait un tour aux sources thermales, aussi appelées « hot springs », de Pai. Des spas naturels, quoi. L’eau souterraine est chauffée par le magma de la Terre et remonte ensuite à la surface.

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Après Arenal au Costa Rica et Grenade en Espagne, c’était ma troisième expérience dans un endroit du genre et je dois avouer que ça reste toujours parmi les plus beaux souvenirs.

Alors, pourquoi les œufs? Les premiers bassins des sources thermales, en haut de la montagne, on une température de 176 degrés Farenheit. Inutile de dire qu’on ne s’y baigne pas… mais le parc propose d’y faire cuire des œufs! Simplement pour l’expérience.

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Plus on descend, moins l’eau est chaude. Je me suis finalement laissé tremper dans des bassins d’environ 95-97 degrés, ce qui est parfait. Une expérience unique dans ce décor puisque le parc a aménagé le strict minimum: on est vraiment en pleine nature et on se sent tel quel.

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Le fond des bassins n’est pas en ciment. C’est du sable et des roches. Ces roches sont d’ailleurs couvertes d’algues, ce qui rend les côtés particulièrement glissants. Vous devez vivre cela au moins une fois dans votre vie.

En plus, comme l’eau provient d’une source souterraine, elle est gorgée de minéraux qui sont bénéfiques pour le corps. Que des bienfaits.

On y a donc passé environ 2h30 avant de rentrer à l’hôtel et de relaxer un peu. Ce n’est pas facile la vie de vacanciers! 😉

Je me prépare une fois de plus à boucler le sac à dos et reprendre la route. Les prochaines heures seront d’ailleurs plutôt longues. On quitte Pai à 14h demain pour un retour vers Chiang Mai (vous savez, la fameuse route de la mort!). De là, on prendra un autre bus pour un trajet de neuf heures direction Bangkok. On y passera une journée avant de mettre le cap sur le sud. Jusqu’à maintenant, Pai demeure pour moi un coup de cœur parmi les villes visitées. Voici la vue du balcon de l’hôtel que je vous avais promis hier. Avouez que ça aide à aimer la ville!

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Faute d’accès Internet, il n’y aura pas de blogue demain, mais, qui sait, vous aurez peut-être une publication en double ce samedi.

En terminant, petit « fun fact » au sujet de la Thaïlande: ici on est en l’an 2556. Vive le calendrier bouddhiste! Ça donne un petit coup de vieux… Ici, j’ai donc 572 ans!!!

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Pai, un monde nouveau

Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être entré dans un monde nouveau. Je commence ce billet alors que je suis confortablement étendu dans un hamac, dans l’obscurité presque totale, avec pour seul bruit les insectes qui se répondent dans la forêt. C’est notamment ça, Pai.

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Ici, ce sont les montagnes. Que ces montagnes d’un vert éclatant et une végétation de type un peu jungle aussi.

Il a fallu mettre trois heures en provenance de Chiang Mai pour arriver à Pai dont deux heures au cours desquelles nous n’avons fait pratiquement que deux choses: monter et tourner sur une route avec des fossés incroyables. Et on ne parle pas ici de courbes, mais bien de virages qui pourraient bien remplacer l’épingle sur le circuit Gilles-Villeneuve. Il faut avoir le cœur solide!

D’autant plus que le chauffeur n’était pas trop du genre manœuvres dignes du Code de la sécurité routière québécoise. Bref, vous payer 4,50$ CAN, c’est pas mal moins cher qu’une journée à La Ronde et vous vivez des sensations semblables. Deal!

À un certain moment, j’ai même eu le goût de tapoter l’épaule du chauffeur: « Hey, monsieur. Vaut mieux arriver en retard que d’arriver en corbillard! » Me suis gardé une gêne.

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On s’est installés dans un joli hôtel à flanc de montagne, le Darling View Point… Et il porte bien son nom! Je vous montrerai demain la vue de notre balcon sur lequel je me trouve présentement. C’est une connaissance à nous, Sylvain, qui nous avait recommandé l’endroit. On le rejoindra d’ailleurs dans quelques jours puisqu’il habite Phuket.

La propriétaire du Darling View Point a été sauvée par un Québécois il y a quelques années.

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On passe donc les deux prochaines nuits ici. On a une chambre dans l’un des petits bungalows. D’ailleurs la propriétaire a nommé l’un des bungalows « Québec » en l’honneur de son sauveur.

En après-midi, nous nous sommes rendus aux chutes Mo Paeng, qui sont à quelques kilomètres de la ville. L’eau était plutôt fraîche (faut pas oublier qu’on est au nord ET en montagne) alors je me suis contenté de me tremper les pieds.

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On a aussi eu le temps de découvrir la ville un peu. C’est si différent de ce que j’ai vu jusqu’à maintenant en Thaïlande. C’est petit, mignon comme tout… J’adore!!! Sans doute ma ville préférée jusqu’à présent.

Je termine ce message en me disant que les Thaïs ont vraiment le cœur à la fête. Je vois encore, ici et là, quelques lanternes filer dans le ciel et j’entends aussi toujours des pétards exploser.

Pratiquement la moitié du voyage a passé. Pai est notre dernière destination avant de filer tout au sud pour, encore une fois, avoir droit à un tout autre monde…

Immersion bouddhiste

Depuis mon arrivée ici, l’une des choses qui m’a marqué est la différence de religion. Non seulement les Thaïs sont particulièrement croyants et pratiquants, mais le bouddhisme demeurait pour moi majoritairement inconnu jusqu’à aujourd’hui.

Et bien ce matin nous avons eu droit à une séance d’immersion dans cette religion alors que nous nous sommes rendus au Wat Phrathat Doi Suthep, le temple qui surplombe la ville de Chiang Mai à plus de 1000 mètres d’altitude.

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Déjà, le chemin pour s’y rendre est magnifique. Durant de longs kilomètres, une route sinueuse et de très forte inclinaison avec une végétation luxuriante et, ici et là, des chutes d’eau. À un certain moment, on a même dépassé les nuages, dont le plafond était plutôt bas ce matin. Toute une route!!

Croyez-moi, si la Thaïlande pouvait accueillir les Jeux olympiques d’hiver (!!!!), c’est là que se dérouleraient les épreuves de luge. C’est le même chauffeur qu’hier qui nous a amené sur place et j’espérais que les freins de son camion rouge soient en bon état pour notre retour!

Rendus sur place, il a quand même fallu travailler: quelques centaines de marches à gravir pour atteindre le temple (photo plus haut).

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Mais, comme vous pouvez le voir, ça en valait la peine. Ce temple est d’une beauté incroyable avec, encore une fois, des dorures partout. On y trouve aussi de nombreux moines bouddhistes.

Notre chauffeur nous a guidé en nous faisant faire le tour, mais aussi en nous initiant aux rituels de sa religion.

Tout d’avoir, il a fallu faire trois fois le tour de la pagode dans le sens des aiguilles d’une montre en récitant une prière.

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Ensuite, nous avons chacun offert une fleur en guise d’offrande à Bouddha tout en allumant une bougie et en faisant une demande.

Notre guide nous a par le suite amené dans une chapelle avec une statue de Bouddha où nous nous sommes agenouillés. Un prêtre a alors pratiqué ce qui m’a semblé être un rituel de bénédiction alors qu’il nous a aspergés d’eau. On nous a aussi attaché au poignet un bracelet de nylon blanc qui doit nous apporter chance et réussite. Tout comme les bracelets d’amitié que vous connaissez sans doute, on doit le laisser se détacher de lui-même.

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Finalement, nous nous sommes présentés devant un comptoir avec plusieurs flammes, chacune représentant un jour de la semaine. Théoriquement, on devait mettre de l’huile sur la flamme associée à notre journée de naissance. Mais comme ni ma sœur ni moi ne nous souvenions (oops!) quelle journée de la semaine nous étions nés, on n’a pris aucune chance et on a mis de l’huile pour chaque flamme… ce qui est supposé nous garantir de ne jamais manquer d’argent.

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En fin d’après-midi, nous nous sommes installés sur la terrasse du restaurant de l’hôtel pour un peu de lecture jusqu’au souper. C’est d’ailleurs ce qui me plaît le plus, outre visiter, en voyage: lire, écrire, réfléchir…

À l’origine, nous devions aujourd’hui visiter le temple blanc de Chiang Rai. Comme il fermait ses portes plus tôt aujourd’hui et que c’était quand même à trois heures de route, on a été forcés de refaire nos plans à la dernière minute ce matin.

C’est ce qui termine notre séjour à Chiang Mai. Nous quittons demain pour notre dernière destination au nord: la petite ville de Pai. De belles découvertes nous y attendent assurément.

Nos amis les tigres

C’est une journée fort remplie et pour le moins originale qui se termine pour nous. Ce deuxième jour à Chiang Mai aura été entièrement dédiée au règne animal… ou presque!

Premier arrêt, ce matin, et sans doute parmi les plus attendus du voyage: Tiger Kingdom. Ce parc zoologique n’offre rien de moins à ses visiteurs que l’occasion de passer du temps en cage avec des tigres!!! Des félins sans chaîne, sans anesthésiant, sans tranquillisant…

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Vous avez le choix de cages: les tigres adultes, les « médiums », les jeunes et les bébés. Pour ma part, j’ai fait les adultes, les jeunes et les bébés. En compagnie d’un gardien et d’un photographe professionnel, je suis entré tour à tour dans chacune des cages avec ma sœur Sandra; ma filleule n’ayant droit qu’à un accès aux bébés.

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Comment on se sent quelques minutes avant d’entrer dans la cage des « gros chats »? On ressent assurément un fond de stress. Les consignes sont nombreuses: ne toucher ni la tête ni les pattes avant, ne pas approcher le tigre par l’avant pour éviter qu’il pense qu’on veut jouer, ne pas faire de mouvements brusques… J’avais quelques gouttes de sueur qui perlaient!

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Une fois dans le cage, on suit le gardien et c’est là que ça devient impressionnant. On prend place près du tigre, on le flatte, on le gratte, on met la tête sur lui, on joue avec sa queue et avec ses pattes… Et il ne se passe rien! La bête se laisse faire.

On passe ainsi une quinzaine de minutes par enclos à prendre la pose pour le photographe qui nous fait faire tout ce qui est possible. Comme ces tigres sont nés et été élevés avec les humains, c’est ce qui permet aux visiteurs d’entrer dans leurs enclos en « toute sécurité ». Malgré tout, ils demeurent des animaux sauvages et leur comportement demeure imprévisible.

Ce qui est merveilleux, c’est que les tigres en captivité peuvent vivre jusqu’à 20 ans, soit cinq ans de plus que ceux à l’état sauvage.

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Sur le même thème, on a ensuite fait un bref arrêt à l’école des singes. Plusieurs singes sont entraînés à faire des tours.

D’ailleurs, je soupçonne l’un d’eux de se préparer à animer l’émission « Tout le monde en parle »: il va dans le public pour serrer des mains avant d’aller faire son spectacle! Haha!

Il y a peu à voir, mais ça valait quand même le détour.

Finalement, nous sommes allés voir les femmes girafes; vous savez, celles qui portent des anneaux qui étirent leur cou.

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Ici, ça frôle un peu l’arnaque et l’attrape touriste: on vous réclame 500 bahts (15$ CAN) comme admission sur le site et après tout ce que vous avez ce sont des femmes girafes… qui sont là pour vous vendre de l’artisanat! Bref, vous payez pour mieux payer ensuite.

On a fait tout ce beau parcours après avoir loué une « limousine cheapo » pour la journée.

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Dans les rues de Chiang Mai, il y a des dizaines de camions rouges comme celui-ci. Vous pouvez payer le chauffeur un certain montant afin qu’il soit dédié à vous toute la journée. Il vous amène à un endroit, attend pendant que vous visitez, vous amène ailleurs et ainsi de suite. D’ailleurs, on fera de nouveau appel aux services de cet homme demain.

En soirée, nous avons fait une brève visite au bazar de nuit.

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Dans la rue longeant la rivière Ping, des dizaines de marchands vendent fruits et légumes, bouffe de rue, etc. Ça vaut le détour pour l’ambiance, mais surtout pour les odeurs de la nourriture préparée sur place.

Parlant de nourriture, on se régale toujours autant depuis notre arrivée en Thaïlande. C’est bon et c’est surtout plus santé que ce qu’on mange chez nous normalement. Le meilleur des mondes, quoi.

Magie de feu

J’aurais certainement pu y passer la nuit, là, à regarder ces milliers de lanternes célestes prendre leur envol tranquillement dans le ciel avant de terminer leur course je ne sais trop où, à court de feu. J’étais loin de m’y attendre, mais le festival Loy Kratong de Chiang Mai est nombre de fois plus impressionnant que celui de Sukhothaï auquel j’ai assisté hier.

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Oubliez Paris, New York, Londres. Ce soir, Chiang Mai est incontestablement la ville la plus belle au monde. On m’avait dit que je devais absolument participer aux célébrations dans cette ville et je tenais à m’y rendre. Mais est-ce que j’aurais pu m’attendre à quelque chose de la sorte? Jamais.

Comme les filles étaient trop fatiguées après une longue journée passée en autobus, j’ai décidé de me rendre seul au festival. Et ça n’a pas été facile. Pas facile de s’orienter quelques heures à peine après être débarqué dans une nouvelle ville où on ne comprend ni la langue ni les écriteaux… et encore moins quand tous les chauffeurs de taxi refusent systématiquement de vous faire monter à bord, car ils ne veulent pas s’aventurer dans un quartier où ils pourront à peine circuler tellement il y aura du monde à la fête. Je l’avoue, devant les refus répétitifs, les larmes me sont montées aux yeux. Un peu de fatigue, sans doute, mais surtout la peur de manquer quelque chose de magnifique.

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Un chauffeur au volant d’une voiture taxi verte a finalement accepté de m’y amener alors que j’ai abandonné l’idée de négocier le prix de la course (chose que l’on doit normalement TOUJOURS faire en Thaïlande).

Après quelques kilomètres et finalement rendu sur place, c’est l’émerveillement total. Je regarde partout. J’ai un large sourire affiché au visage. Toutes ces boules de feu qui s’envolent, lâchées par des enfants, des familles, des amoureux… Une seule idée en tête: moi aussi je veux la mienne.

J’ai déambulé dans la rue à la recherche d’un kiosque et environ deux minutes plus tard je mettais la main sur l’objet de ma convoitise pour un peu moins d’un dollar canadien. Je me suis installé au bord de l’eau pour l’envoyer en faisant un vœu. L’Amoureuse étant à des milliers de kilomètres de distance (mais bien près dans mon coeur), j’ai fait le souhait pour nous, puis je l’ai regardée s’envoler. J’ai tenté de la suivre le plus longtemps possible, mais je l’ai rapidement perdue parmi toutes les autres.

La tradition veut que les problèmes de celui qui lâche la lanterne s’envolent avec cette dernière. C’est synonyme de chance. C’est un spectacle tout simplement magique. C’est joli, original et rempli de sens.

En plus des lanternes, des chandelles artisanales sur l’eau, des feux d’artifice, des pétards… Une vraie fête qui permet de bien s’immiscer dans la vie et la culture thaï.

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De retour dans la petite chambre de notre auberge, je suis assis par terre, songeur. Contemplatif. Je vois encore ces petites boules de feu passer tout doucement par la fenêtre et j’entends toujours les « pow » de célébration! Magique. C’est comme un ciel étoilé qu’on peut rendre encore plus joli, même si à première vue ça peut sembler impensable.

Bref, j’ai de la difficulté à mettre des mots, mais ça donne le goût de pleurer d’assister à quelque chose du genre. Des larmes bien différentes de celles évoquées plus tôt dans ce billet alors que je craignais ne pas pouvoir me rendre à la fête. C’est une image qui ne s’effacera probablement jamais de ma mémoire et cette soirée restera assurément dans mes meilleurs souvenirs de ce séjour en Thaïlande.

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Nous sommes donc arrivés à Chiang Mai en milieu d’après-midi après 5h30 d’autobus.

Il s’agit de notre avant-dernier arrêt dans le nord avant de mettre le cap sur le sud et ses magnifiques îles. Mine de rien, nous avons quitté Montréal il y a maintenant sept jours.

C’est fou comme la vie ne coûte rien, ici, pour les touristes. Par exemple, hier soir j’ai eu un souper complet (nouilles, viande et boisson gazeuse) pour un peu plus de 2,50$ CAN. Aujourd’hui, le transport d’autobus de 5h30 à coûté un peu plus de 7$ CAN. Et les gens sont tellement accueillants, sympathiques… De belles découvertes jusqu’à maintenant.

Des gens en or

Des gens en or. Ce sont des personnes comme ça que nous avons eu la chance de rencontrer ce matin lors de notre arrivée à Sukhothaï.

Après une nuit à peu près blanche passée dans un transport d’autobus de sept heures, nous sommes débarqués ici sans avoir de réservation pour un hébergement. Erreur. Trois hôtels nous ont rapidement confirmé ne plus avoir de chambre pour ce soir en raison du festival Loy Kratong qui se termine demain dans la ville.

Nous avons marché plusieurs minutes avec nos sacs à dos avant de nous arrêter dans une petite auberge où la propriétaire nous a elle aussi annoncé qu’elle n’avait plus de place. Revenant à peine du marché, elle nous a quand même invités à déjeuner dans son établissement alors qu’on se demandait bien ce qu’on allait faire. La dame était même prête à nous proposer une tente pour la nuit sur son terrain.

Finalement, son frère est venu nous voir pour nous annoncer qu’en faisant quelques appels pour nous, il avait trouvé une chambre pour une nuit seulement. Vendu!!! Chauffeur de tuk-tuk, l’homme est même venu nous conduire à l’hôtel en question où nous nous considérons bien chanceux d’avoir pu louer une chambre.

L’homme nous a par la suite conduit à L’ATTRACTION de la ville: le vieux Sukhothaï.

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On y trouve de nombreux temples de l’époque de la fondation de la ville, en 1238. Sukhothaï a d’ailleurs été capitale de la Thaïlande pendant 140 ans. Au total, près de 200 temples ont été excavés, puis reconstruits, au fil des années. La partie historique de Sukhothaï a été classée héritage mondial par l’UNESCO en 1991.

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Nous avons donc déambulé entre les nombreux vestiges pendant de longues minutes avant de rentrer à l’hôtel pour relaxer un peu.

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Finalement, ça a été plus que de la relaxation… puisque nous nous sommes réveillés un peu mélangés à 18h30!! Immédiatement, nous sommes retournés dans le vieux Sukhothaï pour le festival Loy Kratong. C’est une immense fête avec notamment de la nourriture à profusion. J’en ai profité pour manger mon premier repas de bouffe de rue.

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On trouve aussi de la musique, des marchands itinérants de souvenirs, des célébrations… Ça me faisait un peu penser à la Feria Xmatkuil à laquelle j’ai assisté avec mon amie Mélanie lors de mon séjour dans la péninsule du Yucatán en 2009. Mais le plus beau à voir, ce sont les envolées de lanternes célestes.

Ces lanternes sont une tradition ici et chaque année, lors du Loy Kratong, des centaines s’envolent dans le ciel.

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En fait, la tradition veut que les problèmes de celui qui lâche la lanterne s’envolent avec cette dernière. C’est synonyme de chance. C’est un spectacle tout simplement magique. C’est joli, original et rempli de sens. Malheureusement, les photos ne sont pas en mesure de rendre toute la beauté de la chose. C’est à voir dans une vie!

J’ai déjà constaté une différence entre les gens de la ville et de la campagne. Ici, les Thaïs sont encore plus sympathiques et plus souriants qu’à Bangkok.

Nous quittons déjà Sukhothaï demain matin puisque nous avons seulement trouvé un hôtel pour une unique nuit. Cette fois, direction Chiang Mai, toujours vers le nord.

Frénésie de Bangkok

J’écris ces lignes alors que nous nous apprêtons à quitter la capitale pour poursuivre notre séjour vers le nord de la Thaïlande.

Dernière visite culturelle ce matin: nous avons visité la maison de Jim Thompson. Thompson est un architecte américain qui a décidé de s’engager dans l’armée au début de la Deuxième Guerre mondiale. Déployé en Thaïlande en 1945, la guerre a finalement pris fin avant le début de sa mission, mais il a quand même décidé de s’installer pour de bon au pays.

Jim Thompson se passionnait pour la soie tissée à la main et a largement contribué à faire renaître cet art ici, puis à lui donner sa réputation internationale.

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C’est toutefois sa résidence qui attire aujourd’hui l’attention. L’architecte a « assemblé » sa résidence avec six bâtiments en bois de style thaïlandais qui ont été démontés d’une autre ville et amenés à Bangkok. Sa maison est très impressionnante: entièrement faite de bois, sur pilotis, totalement intégrée à la nature environnante… Thompson a aussi innové dans le design intérieur. Il s’est notamment servi de tambours pour faire des pieds de lampe.

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Encore aujourd’hui, on y fabrique de la soie. Il y a sur place des centaines de vers à soie (photo ci-bas) qui font des cocons qui sont ensuite transformés (première photo tout en haut). D’ailleurs, j’ai appris avec étonnement que chaque cocon donne un kilomètre de fil de soie.

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Jim Tompson est disparu lors de vacances chez des amis en Malaysie en 1967. Il est sorti prendre une marche et n’a pas été revu. Son corps n’a jamais été retrouvé.

En après-midi, on a lancé l’assaut contre les centres commerciaux thaïlandais, dont le plus gigantesque d’Asie, Siam Paragon, se trouve à côté de notre hôtel. C’est complètement fou! Des étages où on ne sait plus où regarder tellement il y a de petits commerces à perte de vue. De là le titre de ce billet: frénésie. C’est exactement ce qu’on ressent en se promenant dans ces endroits.

Finalement, on m’avait recommandé de me faire masser en Thaïlande, ce qui est maintenant chose faite. Ça détend, mais je peux vous dire qu’elle n’y est pas allée de main morte… Le traitement avait des allures de rendez-vous chez le chiropraticien! Reste à voir si j’aurai des ecchymoses demain!

Les prochaines nouvelles vous parviendront de Sukhothaï, petit village qui était auparavant la capitale du pays.

Initiation aux temples

Première journée complète à Bangkok et on avait un menu assez chargé pour découvrir cette immense ville de plus de 14 millions d’habitants. Pour éviter de se perdre, mais surtout de perdre notre temps, nous avons eu recours aux services d’un guide francophone qui m’avait été recommandé par un collègue.

Premier arrêt: le grand palais royal qui se trouve dans une immense enceinte de 218 000 mètres carrés! C’est tellement impressionnant!!

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La construction du palais royal a commencé en 1782 et l’enceinte réunie une série d’édifices tous plus beaux les uns que les autres. Ne vous trompez pas: l’immeuble que vous voyez ci-dessus est fait de bois sculpté à la main puis ensuite recouvert d’or. Un travail colossal qui a sans doute pris des dizaines d’années à accomplir. On a d’ailleurs pu apercevoir, à l’intérieur de l’un des édifices, quatre personnes qui s’affairaient à repeindre à main-levée tous les motifs des murs intérieurs. Incroyable!

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La chose la plus marquante demeure toutefois la chapelle royale du Grand Bouddha d’émeraude (édifice ci-dessus dans lequel on ne pouvait malheureusement pas prendre de photo). Des gens de partout en Asie viennent à Bangkok spécialement pour voir cette sculpture et pour y faire un vœu dans l’espoir qu’il se réalise. Le palais royal est d’ailleurs l’endroit le plus visité annuellement en Thaïlande. Visiter ce site, c’est littéralement se sentir dans un autre monde. Un monde sacré, un monde ancien… J’aurai plusieurs autres photos à montrer lors de mon retour au Canada.

Prochain arrêt: le temple Wat Pho où se trouve aussi le grand bouddha couché. Je fais ici une parenthèse. Qui dit visites de temples, dit aussi vêtements longs. J’ai passé la journée en jeans alors qu’il faisait une chaleur intense et une humidité du diable (oui, je me plains – un peu – alors que vous êtes dans le froid).

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Le bouddha couché, donc. On parle ici d’une statue de 45 mètres de long par 15 mètres de haut. C’est du bouddha, ça! C’est très impressionnant à voir et, encore là, on a visité les autres monuments du temple. Ça demeure captivant de regarder tout ça et de se dire que tout a été fait à la main.

Finalement, en après-midi, on a quitté la terre pour aller sur l’eau alors que notre guide nous a fait découvrir le « Venise » de Bangkok. On a eu la chance de se promener dans des canaux qui relient certains secteurs de la ville.

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Je vous admets toutefois que c’est triste à voir. La très grande majorité des maisons qu’on y trouve appartiennent à des citoyens pauvres qui n’ont tout simplement pas l’argent pour déménager. C’est que depuis une dizaine d’années les maisons en bordure des canaux sont constamment inondées. Elles ont beau avoir été construites sur pilotis, le niveau de l’eau à tellement augmenté que les résidences sont inondées au gré des marées.

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Ça fait toutefois chaud au cœur de voir les Thaïs en bordure de l’eau qui sourient et qui nous envoient la main au passage de notre bateau.

C’est aussi aujourd’hui que j’ai eu la chance de manger mon premier repas thaï digne de ce nom. Nous avons mangé dans un restaurant typique en compagnie de notre guide, ce midi. Il a commandé plusieurs plats dont un délicieux pad thaï! Enfin!!! Je l’attendais depuis longtemps.

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Ci-dessus, des rouleaux impériaux, des galettes de poisson épicées et des beignes aux crevettes. J’ai photographié les autres plats avec mon appareil photo seulement…

Les vraies découvertes sont bel et bien commencées et se multiplieront au cours des prochains jours.